Mot-clé ‘Tasmanie’

Magnifique cascade de Sir John Falls, à l'eau couleur thé
Au petit jour, Fleur de Sel double le Cape Sorell, du nom du troisième lieutenant-gouverneur de Tasmanie et successeur de Davey. S’ouvrent alors devant nous les portes de l’enfer ! Hells Gates est le nom de l’étroit chenal, large de moins de 100m, qui donne accès au Macquarie Harbour. Nous avons déjà rencontrée plusieurs fois le nom de ce gouverneur de la Nouvelle-Galles-du-Sud, et si on le trouve maintenant en Tasmanie, c’est parce qu’il avait autorité sur le lieutenant-gouverneur de Tasmanie. Le plan d’eau qui porte son nom est le second plus grand d’Australie après Port Philip et il n’a rien à voir ni avec Port Macquarie ni avec Lake Macquarie, tous deux en Nouvelle-Galles-du-Sud. Le courant contraire n’était pas trop fort, nous faisons notre chemin dans le chenal d’accès, mais nous constatons que la visibilité n’est pas bonne, et nous ne voyons donc pas le Mt Sorell qui domine la côte est de cette mer intérieure. Au fur et à mesure que nous progressons vers le sud, l’odeur de fumée s’intensifie, et c’est alors que nous apprenons l’ampleur des incendies qui ont frappé la Tasmanie. Nous venons mouiller sur la côte ouest, dans la Double Cove, entourés d’une belle forêt d’eucalyptus élancés. L’heure du repos a sonné et comme nous captons du réseau mobile pour la première fois depuis 15 jours, les siestes alternent avec les emails, d’autant qu’il nous faut organiser la logistique des colis que nous n’avons pas pu recevoir à Kettering.

Continuer à lire ‘La tournée des gouverneurs (et autres acolytes) [2]’ »

Vue panoramique du sommet du Mt Rugby
La côte sud tasmanienne est longue d’une quarantaine de milles, orientée exactement est-ouest, et elle ne comporte aucun abri sérieux. Pire, des îles, îlots et récifs sont parsemés un peu au large, ce qui fait de cette région un lieu de passage certes spectaculaire mais dangereux. Nous avons donc bien choisi notre météo pour faire le « saut » de la côte est à la côte ouest, un jour avec peu de houle et avec du vent d’est, malheureusement un peu trop faible. Les caps que nous doublons sont affublés de noms assez peu créatifs : le South East Cape est suivi par le South Cape. Et pourtant, ils se suivent mais ne se ressemblent pas, le premier étant fait de collines assez pyramidales, tandis que le second exhibe des formes verticales dues à la dolérite, cette roche emblématique de la Tasmanie dont nous avons déjà parlé plusieurs fois. Le paysage dans le lointain devient ensuite grandiose, avec de beaux sommets en arrière-plan de la côte sauvage. Et, faisant parfois de la voile dans les risées, parfois du moteur dans les molles, nous parvenons ensuite au niveau des îles Maatsuyker et De Witt, entre lesquelles nous passons. Ces îles ont conservé les noms hollandais attribués par Tasman lui-même : lorsqu’il découvre la Tasmanie en 1642, il la baptisa en l’honneur du gouverneur-général des Indes néerlandaises, Van Diemen, tandis que les îles environnantes prirent le nom d’autres membres du conseil des Indes.

Continuer à lire ‘La tournée des gouverneurs (et autres acolytes) [1]’ »

L'élégance de Salamanca ressort presque plus la nuit que lors du marché bondé du samedi matin.
L’amarrage à Constitution Dock, en plein centre de Hobart, est plus bruyant que ce que nous pensions, entre le bruit de la route, celui des véhicules de nettoyage, celui des camions poubelles, celui des passants éméchés la nuit, et celui des préparatifs pour l’arrivée de la course Sydney-Hobart. Mais il est vrai que nous bénéficions d’une position centrale, qui va nous permettre de déambuler en ville à volonté et d’y faire des courses – nous ferons 4 ou 5 allers-retour chez « Woolies » (surnom de Woolworths, grande chaîne de supermarchés australiens), à chaque fois chargés comme des mules de provisions en tous genres. Avec de l’eau à volonté, nous pouvons faire plein de lessives, et il y a même des lave-linges à disposition dans les sanitaires, ce qui est parfait pour les grandes pièces. Au milieu de notre séjour, John, du musée maritime, vient nous demander si nous pouvons nous déplacer, car il doit, lui, mettre le bateau vainqueur de la course de 1947 à notre place pour le mettre en évidence. Nous l’aidons à déplacer le bateau et il nous obtient deux entrées au musée maritime – un petit musée sympathique, qui retrace les liens de Hobart et de la Tasmanie avec la mer : exploration, transport de déportés, chasse baleinière, commerce de bois, de pommes et d’autres. Tout y est exposé avec nombre de reliques d’une histoire souvent épique et parfois sombre.

Continuer à lire ‘Dans le sud tasmanien pour les Fêtes’ »

Un wallaby pose devant <em>Fleur de Sel</em> sur Deal Island !
Ce qui est drôle avec la Tasmanie, c’est qu’après une trentaine d’heures dans le Détroit de Bass cap au sud-ouest, on l’atteint sans vraiment l’atteindre. Eh oui, tout dépend si on parle de l’île elle-même ou de l’état. Vous ne le réalisez peut-être pas vraiment, mais l’Australie est un état fédéral. Aussi, lorsque Fleur de Sel termine cette petite traversée par un temps un peu grisâtre, et lorsque nous atteignons le petit archipel des îles Kent, nous voici maintenant dans l’état de Tasmanie, alors que nous sommes encore à 85 milles de la grande île elle-même. A contrario, nous sommes à seulement 50 milles du Wilsons Promontory (dans le Victoria), la pointe la plus sud du continent. Bref, nous sommes en plein milieu du Détroit de Bass. Ce bras de mer, finalement relativement large (une grosse centaine de milles) a douloureusement bâti sa réputation depuis sa découverte en 1798 par Matthew Flinders et George Bass. Dans ces parages, il est particulièrement important de respecter la mer, celle-ci se chargeant sinon de vous rappeler à l’ordre, par le biais de courants et de vents pour le moins brutaux. Il s’agit en quelque sort de la Manche de l’hémisphère sud, et les navires perdus dans les environs se comptent en centaines. Si nous venons nous aventurer ici, c’est que nous espérons en profiter pour visiter les Iles Kent, si isolées que la plupart des Australiens ignorent même leur existence !

Continuer à lire ‘Notre Sydney-Hobart, mais pas en course’ »