Mot-clé ‘Récif’

Ambiance pour fêter les 150 ans du Canada : des fusiliers en tenue écossaise font parler la poudre !
Les dernières nuits de la traversée vers la Nouvelle-Ecosse sont très fraîches : la température de l’eau descend jusqu’à 6° ! Mais nous bénéficions d’un temps radieux pendant la journée et le spectacle d’un bestiaire passionnant s’offre à nous. Des fulmars nous accompagnent tout du long, mais lorsque le vent est trop faible, ils s’arrêtent de voler et patientent sagement, assis sur l’eau. Un fou brun vient ensuite se poser un soir en tête de mât, et craignant pour la girouette et pour l’antenne VHF, nous parvenons à l’effrayer, ce qui l’incite ensuite à se poser sur le passavant. Il semble à bout d’énergie, et même lorsque nous devons l’approcher de très près (pour installer une retenue de bôme, ou pour aller en pied de mât), il ne bouge que très peu tant il semble exténué. Bob le booby (comme nous le surnommons en raison du nom de l’espèce en anglais) passera finalement toute la nuit à bord avant de repartir au petit matin, visiblement en meilleure forme.

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La magnifique Habitation Clément, 100% pur jus de cane
Nous avions mouillé dans le noir et c’est donc après un bon repos, et surtout une fois le jour levé, que nous découvrons la baie de Ste-Anne. La météo pour notre premier jour antillais est plus que maussade, puisque nous passons la matinée à nous faire balayer sans relâche par des grains. A la faveur d’une accalmie, nous décidons toutefois de nous faufiler dans le fond du Cul-de-Sac Marin et de nous amarrer à la marina du Marin (au cas où vous n’auriez pas deviné, il y a un thème maritime dans la toponymie…) C’est là que nous prenons nos quartiers pour huit jours, sur une place tout au bout d’une ponton excentré – agréable car tranquille et à l’écart du trafic, mais peu pratique car l’aller-retour à terre demande vingt minutes ! En tous les cas, c’est l’occasion de nous reposer après nos traversées équatoriales à la vitesse de l’éclair. L’occasion aussi de faire un bon arrêt technique et logistique.

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Pêche à la voile sur le lagon de Rodrigues, une voile parmi tant d'autres
Accostage, amarrage, premières poignées de main, premiers officiels pour faire les formalités d’entrée, regards alentour pour prendre nos marques, regard en arrière pour notre fier bateau qui nous a menés là, ainsi se passent les premiers moments à l’arrivée. Nous voici donc à bon port, sur l’île Rodrigues, le gros de l’Océan Indien derrière nous, et désormais déjà sur un confetti d’Afrique – et cela prend un peu plus de temps à réaliser. Mais après une bonne nuit, il n’y paraîtra presque plus et la traversée mouvementée sera déjà un souvenir. Désormais s’offre à nous cette belle et attachante île, et nous commençons la découverte par Port-Mathurin, son chef-lieu (6’000 âmes). Son petit centre-ville quadrillé et ombragé, le marché proposant pléthore de fruits et légumes colorés et bien plus européens que ceux d’Indonésie, la boulangerie qui propose des baguettes à très petit prix, et le supermarché où l’on trouve de nombreux produits français.

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Pendant notre séjour, Heidi grave et colore à notre nom un morceau de bambou pour laisser une trace de notre passage comme tous les autres bateaux.
Les Cocos, ce sont deux atolls (australiens) perdus dans l’Océan Indien, l’un des deux minuscule, l’autre bien plus grand (1 et 8 milles de long respectivement). Ce sont des confettis de terre isolés, plus proches de Sumatra que du continent australien. Et c’est un endroit où se sont déroulés des évènements historiques insoupçonnés pour qui n’en connait pas l’existence. En fait, rares sont les non-Australiens qui en ont entendu parler, mais c’est dans ces eaux méconnues que Fleur de Sel trempe désormais sa quille. Pas si méconnues pour les voiliers, cependant, car les Cocos sont un point névralgique de la transhumance océanique à travers l’Indien.

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Un \"squid boat\", espèce d'araignée des mers
Nous sommes entrés dans les eaux indonésiennes à la nuit tombante, juste après avoir passé le talus continental australien, et une trentaine de milles plus loin nous devions passer au niveau de la fosse qui sépare Timor de l’Australie. C’est là que nous avons vécu notre première expérience indonésienne : nous avons eu l’impression de nous faire entourer par une horde de bikers aquatiques ! A tenter de percer la noirceur de la nuit, j’ai fini par discerner aux jumelles quelques silhouettes d’embarcations, une douzaine peut-être, et à m’apercevoir que la plupart étaient équipées d’une lampe flash bleue, rouge ou blanche – feux que j’avais bien du mal à voir à l’oeil nu, le bruit signalant bien mieux la présence de ces pêcheurs. Quelques coups de lampe frontale pour leur signaler que je les ai vus, auxquels ils me répondent avec leur lampe, et le croisement se fait sans heurts. Dans le restant de la nuit, la veille fut nettement plus assidue qu’auparavant (et plus auditive !), mais les seuls autres pêcheurs croisés étaient, eux, très éclairés. Sans doute s’agissait-il de « squid boats », des pêcheurs de calamars, qui sont plutôt des arbres de Noël ambulants !

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"Au nom de tous les Australiens, je vous dis adieu et vous remercie pour votre visite", signé : la tortue
En un peu plus de 24 heures d’une navigation pour une fois agréable et sans histoire, nous passons de la région de Shark Bay à celle du Ningaloo Reef. Nous retrouvons alors le domaine de la grande houle, qui constitue un paramètre essentiel pour l’exploration de cette côte difficile. Ici aussi, de nombreux navires ont terminé leur course, et malheureusement, lorsque nous approchons de Coral Bay, le petit village touristique du sud du Ningaloo, nous tombons en pleine opération de recherche en mer : deux hommes partis pêcher à bord de leur bateau à moteur ne sont pas rentrés la veille et plusieurs bateaux, un hélicoptère et un avion ratissent la zone plusieurs jours durant. Nous ouvrons l’oeil également, et alors que pour effectuer notre approche nous empannons deux fois le long du récif, nous voyons sans mal comme il peut être sans pitié : la grande houle du large vient terminer sa course au-dessus du corail dans un fracas majestueux et incessant, déployant à chaque rouleau une puissance phénoménale. Malheureusement, nous constatons vite que la passe est bien trop large pour abriter le mouillage de Maud’s Landing vers lequel nous nous dirigeons. Mais nous n’avons pas le choix, car il est interdit de rentrer dans Coral Bay proprement dite, tant elle est damée de corail, bien trop dangereux pour qui ne connait pas bien le coin.

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Magnifiques dunes autour de Tetrodon Loop, sur Dirk Hartog Island
Il faut environ 48 heures de mer pour rallier les Iles Abrolhos au départ de Rottnest, mais pour nous cela s’est fait en deux temps. Nous avons en effet fait une halte un peu avant la mi-parcours parce qu’un front assez musclé a décidé de venir perturber notre remontée de la côte ouest. Parmi les rares abris possibles sur cette côte, nous avons opté pour les Green Islands, et nous sommes donc entrés dans le récif frangeant qui déborde la côte au nord de Perth, récif que nous longions quelques milles au large, passant d’ailleurs dans la nuit le site du naufrage du Vergulde Draeck. On peut alors mouiller derrière deux jolies îles (verdoyantes, comme le nom l’indique, et c’est suffisamment rare pour être relevé), que relie un banc de sable à marée basse. L’endroit est rouleur, mais c’est tout ce qu’il existe dans le coin. Nous laissons donc là le vent tourner au nord-ouest, puis à l’ouest, puis au sud-ouest, tandis que nous dansons à chaque marée haute. Enfin, après deux jours, nous nous extrayons de là, non sans subir une nouvelle session de shaker le temps de nous frayer un passage entre les récifs et de sortir du lagon, car la grande houle de sud-ouest est maintenant bien prononcée. Le lendemain, nous approchons enfin des Abrolhos, mais ce n’est qu’à quelques milles à peine que l’on aperçoit enfin ces îlots à fleur d’eau, et découverts par Houtman en 1619.

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Pendant deux jours le vent s’est évanoui, une situation d’autant plus étrange que depuis que nous sommes au Vanuatu les alizés n’ont cessé de souffler sans relâche ou presque. Revoyant notre programme, nous avons décidé d’en profiter pour gagner à l’est, au moteur certes, mais c’est toujours cela de gagné. Quittant Santo, notre première escale fut l’île-volcan d’Ambae, qui a surgi de la brume de chaleur à une dizaine de milles seulement. A noter que vous ne trouverez Ambae que sur les cartes récentes (et donc sur aucune carte marine), où c’est le nom d’Aoba qui est mentionné systématiquement (de même que dans les instructions nautiques américaines pourtant récentes). Nous mouillons à la pointe est, dans une petite baie de sable noir et nous débarquons presque aussitôt après avoir mouillé, car nous ne resterons pas longtemps. Après un atterrissage humide en annexe, nous rencontrons James, qui habite là avec sa famille et celle de son frère. Il nous offre des papayes et des tomates (délicieuses), et nous donne bien-sûr l’autorisation de nous baigner, ce que nous nous empresserons de faire avant la fin de l’après-midi.

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Ne vous fiez pas aux apparences, les deux sont des citrons !
L’ancre de Fleur de Sel repose maintenant dans la baie d’Anelcauhat (ou Anelgowhat, il faut s’habituer aux orthographes multiples et variées), et sous ses barres de flèche flottent le pavillon de courtoisie vanuatais et le pavillon jaune de quarantaine. Nous abordons le pays par un port qui n’est pas un port d’entrée officiel. Mais nous ne sommes pas hors la loi pour autant : avant de partir nous avons demandé à la douane du Vanuatu la permission d’aborder à Anelcauhat, et nous avions reçu en retour (et dans les 3 heures !) un beau document officiel nous donnant l’autorisation demandée. On nous demande juste d’appeler la police d’Anelcauhat sur VHF 16 pour faire les formalités, ce que nous faisons. Mais aucune réponse. Nous attendons, et cela nous arrange bien, car le mouillage est très protégé et tranquille et on peut se reposer avant d’aller à terre. Le lendemain matin, toujours aucune réponse, et nous mettons donc l’annexe à l’eau pour débarquer. La station de police est simple et spartiate (aucune trace de poste VHF…), et l’officiel en short et t-shirt nous délivre le permis de navigation jusqu’à Port-Vila en échange des frais de douane et de quarantaine. Pas d’inspection phytosanitaire, la seule contrainte est de ne débarquer aucun aliment frais provenant d’ailleurs, et nous réalisons alors que nous aurions pu apporter bien plus de fruits, légumes et viande.

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La houle d'est qui vient frapper sur Kenutu a façonné de splendides paysages...
Neiafu a beau être la deuxième agglomération des Tonga, ce n’est guère plus qu’un gros village, et en son centre tout tourne autour du tourisme. Pour les « yachties », qui peuvent y trouver certains services qui leur sont utiles, mais plus généralement à l’attention de tous les touristes, qui viennent surtout ici pour voir les baleines. Mais mis à part ces tours-opérators qui auraient pu être les mêmes qu’au Brésil, qu’en Mer Rouge ou qu’à Hawaï, il n’y a pas grand chose d’autre que des maisonnettes plutôt rafistolées. Peu de choses nous retiennent donc en ville une fois qu’on a fait quelques courses de première nécessité, passé une dernière soirée avec nos amis de Taurus et lu nos emails. Nous ne pourrons pas aller très loin, puisque les Vava’u sont un groupe d’îles très compact ! Mais fidèles à nous-même, nous voici en route pour le bout du monde. Enfin, le bout des Vava’u…

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Les cochons de Niuatoputapu fouinent à marée basse avec le volcan de Tafahi en arrière-plan
Le cône de déventement de Savai’i nous aura retenus plusieurs heures dans une petite brise légère d’ouest. Puis en une minute ou deux, quelques bouffées d’alizé ont d’abord soufflé avant que le vent d’est bien soutenu ne s’établisse, le tout en l’espace de 200 ou 300m. Impressionnant, les moutons parsemaient maintenant la mer tandis que quelques minutes plus tôt nous étions dans la pétole. Mais c’était parti, et il ne nous restait que 24 heures environ à faire pour atteindre notre objectif tongien, à commencer par l’île de Niuatoputapu. Depuis longtemps, les Américains (intimidés par les noms peu habituels) l’ont rebaptisée « New Potato ». Pourquoi pas « en robe des champs », tant qu’on parle de pomme de terre nouvelle ?

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L'église de la LMS envahie par la lave
La visite de Savai’i commence paradoxalement sur l’autre île des Samoa, ‘Upolu. Il faut d’abord demander – et obtenir – l’autorisation de se rendre à Savai’i, et cela se fait au bureau du premier ministre, rien de moins. Armés de nos passeports et de nos documents, nous nous rendons donc au bâtiment du gouvernement, qui domine le front de mer de sa silhouette gigantesque – à l’échelle des bâtiments d’Apia. Nous montons au 5ème étage, en suivant les instructions données à la marina. La personne que nous cherchons n’est pas là, mais on nous demande de revenir deux heures plus tard. A l’heure dite, nous sommes accueillis par la secrétaire du premier ministre, qui après avoir pris nos noms, numéros de passeport, etc., tapote sur son ordinateur et nous délivre le sésame. Le tout avec le sourire et en nous disant que Savai’i est bien mieux qu’Upolu – évidemment c’est de là-bas qu’elle vient ! Le permis est en fait une lettre d’introduction à qui de droit, et en plus de mentionner que nous avons l’autorisation de nous rendre à Savai’i, elle demande aux habitants de Savai’i de tout faire pour rendre notre séjour plus facile et plus agréable ! Tout se présente donc pour le mieux !

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