Mot-clé ‘Pêche’

Du haut de Cross Hill, magnifique vue sur Georgetown à gauche et Clarence Bay à droite. Fleur de Sel est le voilier le plus à droite et encore plus à droite on devine le pipeline évoqué plus loin, ici amarré à poste.
Une nouvelle semaine de mer nous attend, pour parcourir les 700 milles séparant Sainte-Hélène d’Ascension. Les premiers jours, et surtout les premières nuits, sont un peu plus ventées et humides qu’anticipé, mais Fleur de Sel avance bien. Et dès le troisième jour, les conditions sont de nouveau tranquilles. Elle sont même si stables et agréables, qu’on en profite pour marcher sous gennaker pendant 36 heures sans interruption. Ce n’est qu’à la tombée de la seconde nuit qu’on décide d’affaler, les conditions devenant plus variables. Pendant ces belles nuits étoilées, on peut admirer la Grande Ourse qui s’élève de plus en plus sur l’horizon nord, tandis que la Croix du Sud se rapproche de plus en plus de l’horizon sur l’autre bord.

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Pendant notre séjour, Heidi grave et colore à notre nom un morceau de bambou pour laisser une trace de notre passage comme tous les autres bateaux.
Les Cocos, ce sont deux atolls (australiens) perdus dans l’Océan Indien, l’un des deux minuscule, l’autre bien plus grand (1 et 8 milles de long respectivement). Ce sont des confettis de terre isolés, plus proches de Sumatra que du continent australien. Et c’est un endroit où se sont déroulés des évènements historiques insoupçonnés pour qui n’en connait pas l’existence. En fait, rares sont les non-Australiens qui en ont entendu parler, mais c’est dans ces eaux méconnues que Fleur de Sel trempe désormais sa quille. Pas si méconnues pour les voiliers, cependant, car les Cocos sont un point névralgique de la transhumance océanique à travers l’Indien.

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Un \"squid boat\", espèce d'araignée des mers
Nous sommes entrés dans les eaux indonésiennes à la nuit tombante, juste après avoir passé le talus continental australien, et une trentaine de milles plus loin nous devions passer au niveau de la fosse qui sépare Timor de l’Australie. C’est là que nous avons vécu notre première expérience indonésienne : nous avons eu l’impression de nous faire entourer par une horde de bikers aquatiques ! A tenter de percer la noirceur de la nuit, j’ai fini par discerner aux jumelles quelques silhouettes d’embarcations, une douzaine peut-être, et à m’apercevoir que la plupart étaient équipées d’une lampe flash bleue, rouge ou blanche – feux que j’avais bien du mal à voir à l’oeil nu, le bruit signalant bien mieux la présence de ces pêcheurs. Quelques coups de lampe frontale pour leur signaler que je les ai vus, auxquels ils me répondent avec leur lampe, et le croisement se fait sans heurts. Dans le restant de la nuit, la veille fut nettement plus assidue qu’auparavant (et plus auditive !), mais les seuls autres pêcheurs croisés étaient, eux, très éclairés. Sans doute s’agissait-il de « squid boats », des pêcheurs de calamars, qui sont plutôt des arbres de Noël ambulants !

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Malheureusement, nous n’avons pas vu grand-chose de l’île de Paama. A notre arrivée, il restait moins d’une heure avant la tombée de la nuit, et nous avons opté pour le premier mouillage, le plus au sud de l’île, en face de l’école du village de Lehili. L’île s’estompait de temps à autre sous un nuage chargé de crachin, et nous espérions que le récif détaché à notre sud-ouest protègerait quelque peu le mouillage. Las, la nuit fut animée par le clapot contournant la pointe sud et par les rafales nombreuses au passage de chaque grain. Au matin, le temps grisâtre et humide ne se prêtait guère à une exploration à terre. Et surtout, les prévisions nous proposaient encore une journée de navigation viable avant une nouvelle détérioration accompagnée d’une rotation du vent le lendemain. C’est donc sans aller à terre que nous avons levé l’ancre, en longeant la côte de l’île vers le nord en guise de compensation. Nous avons au passage remarqué que le mouillage en face du village de Liro aurait peut-être été plus protégé du clapot contournant l’île, mais qu’a contrario une petite houle de sud-ouest y entrait. Difficile de savoir si nous aurions mieux dormi là ou pas. Mais déjà Paama s’évanouissait dans une nouvelle averse.

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Ne vous fiez pas aux apparences, les deux sont des citrons !
L’ancre de Fleur de Sel repose maintenant dans la baie d’Anelcauhat (ou Anelgowhat, il faut s’habituer aux orthographes multiples et variées), et sous ses barres de flèche flottent le pavillon de courtoisie vanuatais et le pavillon jaune de quarantaine. Nous abordons le pays par un port qui n’est pas un port d’entrée officiel. Mais nous ne sommes pas hors la loi pour autant : avant de partir nous avons demandé à la douane du Vanuatu la permission d’aborder à Anelcauhat, et nous avions reçu en retour (et dans les 3 heures !) un beau document officiel nous donnant l’autorisation demandée. On nous demande juste d’appeler la police d’Anelcauhat sur VHF 16 pour faire les formalités, ce que nous faisons. Mais aucune réponse. Nous attendons, et cela nous arrange bien, car le mouillage est très protégé et tranquille et on peut se reposer avant d’aller à terre. Le lendemain matin, toujours aucune réponse, et nous mettons donc l’annexe à l’eau pour débarquer. La station de police est simple et spartiate (aucune trace de poste VHF…), et l’officiel en short et t-shirt nous délivre le permis de navigation jusqu’à Port-Vila en échange des frais de douane et de quarantaine. Pas d’inspection phytosanitaire, la seule contrainte est de ne débarquer aucun aliment frais provenant d’ailleurs, et nous réalisons alors que nous aurions pu apporter bien plus de fruits, légumes et viande.

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Lever du jour sur le Mt Pembroke. Après 3 semaines de Fiordland, Fleur de Sel approche du mythique Milford Sound.
Au lever du jour, nous passons déjà les Iles Solander, et c’est bon signe : nous sommes arrivés hors d’atteinte du courant, qui ne nous renverra pas dans le Détroit de Foveaux. Le vent faiblit ensuite, nous abandonnant aux effets de la grande houle, mais cet épisode ne dure pas, et dès la mi-journée le vent reprend. Ainsi, en milieu d’après-midi nous approchons, à pleine vitesse et sous un ciel maintenant limpide, de la fameuse Puysegur Point. Un cap comme il en existe tant d’autres sur la côte du Fiordland, battu sans pitié par les vagues. Seulement celui-ci est surmonté d’un phare et d’une station météo, si bien qu’il est devenu mythique à nos yeux, à force d’entendre les relevés de vent. Trente invariablement, quarante souvent, cinquante parfois, on ne lésine pas sur les nœuds dans ce coin, que l’on imagine encore pire à la mauvaise saison. Alors lorsque Fleur de Sel s’engouffre dans l’étroit passage Otago Retreat, entre la pointe et Coal Island, on est non seulement heureux de regagner l’eau plate après l’épreuve du South West Cape, mais on pousse en plus un ouf de soulagement, après avoir terminé l’étape la moins évidente de notre navigation néo-zélandaise.

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Notre deuxième thazard, qui a mordu peu avant l'arrivée, le 5 juillet
Partis de Suwarrow le dimanche 1er juillet et après un peu plus de 94 heures de mer, nous sommes arrivés aux Samoa le vendredi 6 juillet au matin. Les plus sagaces auront certainement remarqué que l’arithmétique ne colle pas. En effet, Apia a beau se trouver par 171°46′ de longitude ouest, nous avons franchi la ligne de changement de date. Oh, nous n’en sommes pas encore tout à fait à l’antéméridien de La Trinité, mais en revanche, si l’on prend en compte notre virée nordique jusqu’aux Lofoten, nous avons maintenant franchi plus de la moitié des méridiens de la planète ! Mais pour en revenir au changement de date, la ligne elle-même n’est en fait pas très précise. Si en théorie la règle voudrait qu’à bord d’un navire on utilise l’heure du fuseau horaire standard dans lequel on se trouve, en pratique à bord on choisit l’heure qu’on veut. Les fuseaux horaires standards se succèdent tous les 15° de longitude, c’est-à-dire qu’ils sont au nombre de 24 autour de la planète – ouf !

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Rencontre océane avec le Maugaroa 2, goélette qui dessert les Iles Cook
L’alizé soufflait fraîchement au moment où l’on a quitté Maupiti. Aussi, pendant les deux premiers jours, la paisible navigation tropicale sous les latitudes clémentes ressemble plutôt à une partie de flipper. Même au portant, vu comme la mer est courte et parfois désordonnée, il est téméraire de vouloir garder les panneaux ouverts. Aux mouvements quelque peu chaotiques, il faut donc ajouter la chaleur que le soleil ne manque pas d’entretenir dès son lever et jusque bien après son coucher. Faire la cuisine relève de l’exploit acrobatique, mais on parvient tout de même à s’alimenter. De toutes les manières, dans ces conditions, Heidi ne peut avaler que quelque chose de simple. On nous croirait masochistes à nous voir nous précipiter hors d’un lagon parfaitement protégé pour aller nous jeter dans 20 à 25 nœuds de vent. Mais voilà, nous finirons par toucher les dividendes de ce moment un peu inconfortable.

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Il y a quelque chose de magique dans l'air à Taputapuatea. C'est beau, c'est serein, c'est divin.
Ce sont les Iles Sous le Vent, et la première est là devant nous au lever du jour : Huahine. Contrairement aux Iles Sous le Vent des Antilles, qui ne sont pas vraiment sous le vent, c’est-à-dire en aval dans le sens de la circulation dominante, ici la navigation se fait au portant depuis Tahiti et Moorea (les Iles du Vent). La nuit a été calme, et Fleur de Sel a bien avancé sauf dans quelques molles. Il ne faut pas confondre Huahine et Vahine, même si ce n’est pas un hasard si leurs noms se ressemblent. Huahine a décidément quelque chose de féminin. Vahine en tahitien c’est tout simplement la femme. Huahine, on nous l’apprendra sur place, signifie « sexe féminin ». C’est certainement parce que l’île est en fait deux îles, séparées par une entaille. Il y a la « grande île » au nord, Huahine Nui, et la « petite île » au sud, Huahine Iti. Et comme pour bien s’assurer du graphisme de la chose, un piton s’élève le long de l’indentation qui les sépare, et en tahitien c’est bien-sûr le « Pénis de Hiro », Hiro étant la grande divinité polynésienne.

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Blanc de la plage de corail, vert des cocotiers et turquoise de l'eau, ici il n'y a rien d'autre !
Quelle différence ! La Polynésie Française a ceci de merveilleux que ses archipels sont remarquablement divers et variés. Si bien qu’en quittant les Marquises et en arrivant aux Tuamotu quatre jours plus tard, on est transporté dans un univers radicalement différent. Ici ce n’est plus le monde de la montagne mais celui de l’eau et la randonnée fait place aux baignades.

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Le ciel devient chargé de brume sèche et prend la couleur du Sahara
750 milles environ séparent les Iles Canaries des Iles du Cap-Vert, ce qui signifie pour Fleur de Sel environ une semaine de mer au portant. Sur ce trajet de près de 1’400 km, nous avançons en effet poussés par les alizés, ces vents tropicaux qui soufflent du nord-est. Voici notre carnet de bord, afin que vous puissiez vous faire une idée du rythme de la navigation en traversée au large.

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Sur Moskenesøy, la randonnée se termine les pieds dans l'Arctique
12 jours, 10 étapes, 5 îles, 68°30’N, 10°C, 186 milles et 27km. Voilà comment on pourrait résumer crûment notre visite aux Lofoten. Nous y aurons passé près de 2 semaines (qui ne sont pas encore tout à fait terminées), depuis notre arrivée dans la nuit du 18 au 19 juillet. Pendant cette période, nous aurons fait 10 étapes, pour visiter les 5 îles principales des Lofoten : Austvågøy, Vestvågøy, Flakstadøy, Moskenesøy, et Værøy. Chacune différente des autres, mais toutes séparées du continent par le très large Vestfjord (20 à 40 milles). Notre voyage nous aura mené à 68°30’N, là où se terminent déjà les Lofoten. C’est alors qu’elles cèdent la place aux Vesterålen, leurs cousines du nord-est, qui mériteraient elles aussi une visite. Mais il faut bien faire demi-tour un jour, puisque notre objectif était d’aller aux Lofoten. Laissant de côté d’autres paysages encore certainement somptueux, Fleur de Sel a pointé son étrave vers le sud-ouest.

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