Mot-clé ‘Marinas’

La belle Igreja da Misericórdia vue du haut du mât pendant le contrôle du gréement
Fleur de Sel a tellement bien avancé depuis que nous nous sommes dégagés du dévent de Pico que nous décidons d’aller le plus loin possible. Plutôt que de nous contenter de l’île de São Miguel, nous visons Santa Maria, que nous atteignons sans problème avant la nuit, au terme d’un parcours de plus de 180 milles effectué en 29 heures. Bien nous en prend. Il est vrai qu’initialement nous découvrons une île moins haute et moins spectaculaire que ses consœurs, mais elle dégage une atmosphère quelque peu différente. Est-ce parce qu’elle semble plus plate, plus aride, plus ensoleillée ?

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Magnifique Ponta dos Capelinhos, où l'on distingue bien le "rajout" volcanique récent et l'ancien phare.
C’est à une belle nuit de navigation que nous avons droit pour rallier Faial au départ de Flores. Une nuit où l’on doit serrer le vent de près, puisque le vent de sud choisit d’y ajouter une composante est, mais comme il ne souffle pas trop fort et que la mer est calme, c’est presque une partie de plaisir. Lorsque les oscillations du vent le permettent, on grappille un peu au vent et lorsque le vent refuse à nouveau, nous suivons la rotation pour ne pas perdre en vitesse. Durant toute la nuit, nous réussissons à tenir tête à nos amis hollandais de Kairos et de Schorpioen, dont l’AIS nous révèle la position quelques milles sur notre tribord arrière (tandis que eux ne savent pas que nous sommes là !) Au lever du jour, nous subissons le passage d’une petite ligne de grains inattendue mais relativement inoffensive, et nous commençons ensuite notre approche sur l’île de Faial. Tout en sachant qu’en laissant porter nous devrons par la suite nous battre contre le vent le courant, nous décidons néanmoins de ne pas faire du près serré et de passer au pied de la Ponta dos Capelinhos, la pointe ouest de l’île et site de l’éruption volcanique de 1957-58.

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Le soleil couchant embrase le ciel à notre arrivée à Onset. Le lendemain à l'aube, nous passerons sous le magnifique pont ferroviaire qui enjambe le Cape Cod Canal.
Le courant peut être assez prononcé dans le Long Island Sound, et nous profitons donc le lendemain de notre départ de la région de New York pour bien avancer. Nous prévoyons de dormir aux Thimbles, joli amas de cailloux situés non loin de New Haven, dans le Connecticut, et hérissés de mansions typiques de la Nouvelle-Angleterre. L’endroit est effectivement pittoresque, mais voilà, le vent nous est favorable et cessera de l’être dans la journée du lendemain. Aussi choisissons-nous de pousser 25 milles plus loin, dans la baie de Niantic, que nous atteignons à la tombée de la nuit. Nous sommes ainsi bien positionnés pour parcourir le lendemain matin la dizaine de milles restante jusqu’à l’entrée de la Mystic River. Nous remontons ce magnifique ria, bordé de belles maisons, jusqu’à passer deux ponts qu’il faut faire ouvrir à la VHF. Le pont ferroviaire tourne, tandis que le pont routier se lève en basculant, et après ce double franchissement Fleur de Sel atteint Mystic Seaport, l’un des plus fabuleux musées maritimes au monde.

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La magnifique Habitation Clément, 100% pur jus de cane
Nous avions mouillé dans le noir et c’est donc après un bon repos, et surtout une fois le jour levé, que nous découvrons la baie de Ste-Anne. La météo pour notre premier jour antillais est plus que maussade, puisque nous passons la matinée à nous faire balayer sans relâche par des grains. A la faveur d’une accalmie, nous décidons toutefois de nous faufiler dans le fond du Cul-de-Sac Marin et de nous amarrer à la marina du Marin (au cas où vous n’auriez pas deviné, il y a un thème maritime dans la toponymie…) C’est là que nous prenons nos quartiers pour huit jours, sur une place tout au bout d’une ponton excentré – agréable car tranquille et à l’écart du trafic, mais peu pratique car l’aller-retour à terre demande vingt minutes ! En tous les cas, c’est l’occasion de nous reposer après nos traversées équatoriales à la vitesse de l’éclair. L’occasion aussi de faire un bon arrêt technique et logistique.

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C'est par une journée immaculée et ventée au possible que nous visitons la péninsule du cap, si spectaculaire
L’entrée de St. Francis est assez étroite et un pneumatique de la capitainerie nous a guidé jusqu’à notre place. Le port n’est pas très grand mais il abrite quelques dizaines de bateaux de pêche dans le premier bassin, et encore un peu plus de bateaux de plaisance (la plupart à moteur) dans le second bassin, entouré d’appartements de vacances, un peu une version sud-africaine de Nusfjord. L’ambiance y est un peu surréaliste, car nous sommes à la mi-janvier, en plein été, et pourtant seuls quelques logements sont occupés. Nous réalisons qu’ils ne doivent servir que 15 jours par an, sans doute lorsque des familles de Johannesbourg viennent y passer Noël. Il n’empêche, il y a un petit côté sympa à ce lieu de villégiature, surtout après notre escale à Durban. Mis à part un passage à la capitainerie (très sympa), pas de formalités à faire ici, c’est l’avantage d’un petit port. Et puis nous côtoyons les résidents permanents du port : les phoques et otaries, qui nous rappellent que nous sommes maintenant en eaux froides, ainsi que les cormorans, l’un d’entre eux ayant élu domicile chaque soir en tête de mât et tapissant chaque nuit le pont de l’inévitable cortège de déjections.

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Le Cirque de Mafate s'étale devant nos yeux, de haut en bas et de droite à gauche.
La traversée Maurice-Réunion n’a pas été des plus plaisantes. Même si le vent a tenu plus longtemps que prévu après le départ, il est toutefois tombé en soirée avec l’arrivée de la grisaille, et l’on a fait la plupart du trajet au moteur. Au matin, l’ex-île Bourbon n’était qu’un mince filet sombre coincé entre mer et nuages. La fenêtre météo était donc loin d’être idéale, mais impossible pour nous d’attendre la suivante, au moins une semaine plus tard. Une fois n’est pas coutume, nous avions rendez-vous, et nous tenions donc à être là à temps ! Finalement, Fleur de Sel a franchi les passes du Port des Galets avant 17 heures, le contraire nous aurait autrement valu de passer la nuit dehors dans une houle forcissante. Les formalités d’entrée ont été expédiées par les douaniers charmants. Certes, il a fallu faire désinfecter toutes nos chaussures et s’assurer que nous n’importions aucun produit carné ou laitier, en raison de l’épidémie de fièvre aphteuse qui sévit à Maurice, mais rien de bien méchant d’autant que nous avions été très bien informés, et donc nous étions préparés. Un vrai plaisir après les embrouillaminis mauriciens ! Après une soirée d’accueil haute en couleur (et en gastronomie créole) à bord de Ralph Rover, et en compagnie de l’équipage de Privateer, une bonne nuit de repos était nécessaire.

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Magnifique dallage de rizières à Sembalun, à 1'000m d'altitude et au pied du Rinjani
Après avoir laissé derrière Komodo et les îles environnantes, nous avons ensuite longé Sumbawa – la plus grande des îles indonésiennes que nous aurons abordées. De Sumbawa on peut retenir sa forme tarabiscotée, qui la coupe presque en deux, et nous ne visiterons d’ailleurs que dans la partie nord-est – « Bima », d’après le nom de sa capitale, « Sumbawa » faisant référence à la partie sud-ouest chez les îliens. Par ailleurs, c’est dans cette région qu’on constate un changement progressif dans la végétation et la flore, qui, d’un caractère quelque peu australien, se muent progressivement en environnement eurasiatique (voir les lignes de Wallace, de Huxley, de Weber et de Lydekker). Et puis, au passage, nous visitons là notre dernière île véritablement rurale, encore que la densité de la population augmente alors que l’on progresse vers l’ouest. Enfin, sur notre itinéraire, c’est aussi le moment où nous entrons réellement dans la sphère à très forte dominante musulmane, après le foyer chrétien dans l’est de Flores et l’intéressant mélange chrétien-musulman alentour. Sumbawa avait même, un temps, eu la réputation d’être ouvertement islamiste, du moins dans les agglomérations. Peut-être pour cette raison, et peut-être parce que l’île recèle moins d’attractions évidentes, elle ne s’est jamais vraiment développée touristiquement.

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Ici commence la suite...
C’est sans anicroche que nous avons franchi le Great Australian Bight, cette immense golfe ouvert au sud dont nous vous parlions la fois passée. Mais pour autant, il nous a fallu bien jouer avec la météo : la saison ayant avancé, il nous était désormais impossible de bénéficier d’un bel anticyclone à déplacement lent pour nous procurer des vents portant tout au long de la traversée. Pas le choix, nous devions prendre un front à un moment ou un autre, l’essentiel était qu’il soit maniable, et de n’en prendre qu’un seul ! Portés par des vents de sud-est à est, nous avons donc d’abord vogué vers le sud-ouest, jusqu’à atteindre 34°S environ. Le vent ayant continué sa rotation au nord-est, nous avons ensuite empanné pour poursuivre plein ouest, car c’est à cette hauteur que nous souhaitions passer dans la partie la moins musclée du front à venir. Plus au sud, nous aurions été plus proches de la dépression, avec davantage de vents d’ouest. Plus au nord, nous aurions été plus proches du continent surchauffé, avec un risque accru d’orages violents. Nous croisons pendant ces premières journées de mer un pêcheur puis un cargo, et la navigation est très plaisante, sous un beau soleil.

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Encore un franchissement mémorable pour <em>Fleur de Sel</em> et pour son équipage ! Notez que nous sommes alors le 16 novembre 2015 et que le drapeau français flotte sur le Harbour Bridge au lendemain des attentats...
Trois semaines à Sydney, ça semble beaucoup. D’ailleurs, c’est beaucoup, si l’on songe que nous avons consacré la période du 4 au 27 novembre à cette ville et ses environs, et ce d’autant plus si l’on se rappelle qu’en moins de 8 mois nous souhaitons faire une grosse moitié de la côte du continent. Et pourtant, ces trois semaines, si vite envolées, ne nous auront permis que de faire le strict minimum ! La ville est grande, et comme toute métropole elle regorge d’attractions, mais surtout nous n’avons pas fait que du tourisme. Voici donc un aperçu de l’escale de Fleur de Sel dans la plus vieille et la plus célèbre des villes australiennes.

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Fleur de Sel sur corps-mort en Baie de l'Orphelinat
Et voilà, nous sommes retournés dans la routine (ou presque) et nous avons donc moins de temps pour vous donner des nouvelles et moins de nouvelles intéressantes également. Mille excuses à tous ceux qui se désolent de ne pas en recevoir autant qu’auparavant.

Tout d’abord, ce qui devait arriver, arriva : notre petite Fleur de Sel a du quitter sa confortable place de marina le week-end passé. Eh oui, il manquerait quelques centaines de places de marina au moins autour de Nouméa. La logistique pour Nicolas en devient d’autant plus complexe, surtout quand il part au travail, mais il gère. Il a mis les habits de travail dans la voiture pour ne pas devoir les transporter en annexe tous les jours et pour être le plus présentable possible au bureau. De plus, maintenant il faut qu’il économise l’eau, car même si on peut aller au ponton de Port Moselle pour faire le plein au besoin, cela prend du temps. Du coup, avec l’annexe, il bidonne aussi quelques litres d’eau de temps en temps, histoire de tenir le plus longtemps possible. Et enfin, nous devons de nouveau être indépendants au niveau électrique, donc surveiller notre consommation et ce que produisent les panneaux solaires et l’éolienne.

La bonne chose, c’est que les voisins seront un peu moins proches. Entre autres, nous avons déjà eu droit au concert d’harmonica à quatre heures du matin, que nous n’avons pas vraiment apprécié. Il y a aussi eu la visite d’un chat du ponton, qui a débarqué dans le lit en pleine nuit. Et les réveils à six heures du matin les dimanches par le chanteur mal accordé du marché à côté de port Moselle ne nous manqueront pas non plus.

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Deux mois déjà que nous vous avons laissés sans nouvelles ! Fleur de Sel n’a pas beaucoup bougé, puisque nous nous installons progressivement dans un mode de vie plus « commun ». Et pourtant, au milieu des obligations terriennes et des démarches multiples, nous avons cependant réussi à nous éclipser par deux fois avant le week-end passé. Un première fois à l’Ilot Maître fin juin, pour sortir de Nouméa et prendre un peu l’air juste en face. Et puis surtout fin juillet, un petit week-end à l’Ile Bailly.

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Les dauphins, mais aussi les oiseaux, et bien d'autres encore sont identifiés dans le guide
Chaque année plus nombreux, les voiliers se mesurant aux rudes éléments du Grand Sud viennent y rechercher le grand bol d’air d’une Nature vierge et grandiose. C’est notamment car les conditions d’une croisière dans ces hautes latitudes australes s’améliorent, en particulier au niveau de l’information disponible. C’est la raison pour laquelle nous partageons ici notre expérience sans chercher toutefois à se substituer aux guides plus spécifiques. Voici donc seulement de quoi faciliter la tâche de ceux qui organisent leur voyage à la voile en Patagonie et en Terre de Feu. Car avant de profiter des glaciers, des oiseaux, des canaux, des montagnes et des grands espaces, il faut un peu de préparation…

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