Mot-clé ‘Animaux’

Des tapis d'hortensias bleus viennent souligner la magnifique Rocha das Bordões
Déjà près de deux jours après le départ de Halifax, lorsque l’Ile de Sable s’estompe dans le sillage, il reste encore 1’300 milles à parcourir et donc encore une bonne dizaine de jours de mer. Nous nous surprenons nous-mêmes à nous engager de la sorte dans cette traversée, sans réellement y penser. Il est vrai que ce sera la troisième transat du voyage : la première date d’il y a 7 ans déjà et nous avait menés du Cap-Vert au Brésil, au travers du Pot-au-Noir, et la seconde nous avait menés il y a quelques mois d’Afrique du Sud au Brésil, via Ste-Hélène et Ascension. On pourrait penser que nous sommes blasés, et pourtant, la transat que nous commençons désormais a tout d’une nouveauté : c’est la première que nous effectuons hors des tropiques et dans le sens ouest-est. L’Atlantique Nord, ce n’est pas une mince affaire, et nous resterons jusqu’à la fin bien au-dessus des 40°N. Et pourtant, notre état d’esprit nous parait différent : nous sommes tranquilles, malgré une météo pas tout à fait facile. Dans les jours à venir, le vent va refuser et forcir, si bien que nous subirons quelques jours avec un vent costaud sur l’avant du travers, une situation qui vous nous faire danser.

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Sous un rare rayon de soleil, de la table de l'auberge de l'Ile Royale, on admire la vue sur l'Ile du Diable, de sinistre réputation.
Début avril, nous voici donc de nouveau en mer. Fleur de Sel navigue cap au nord sur l’eau vert-de-gris laiteuse qui baigne la côte brésilienne. Et comme nous longeons le talus continental, pendant toute la nuit nous slalomons entre des pêcheurs, heureusement tous éclairés, mais il faut veiller attentivement. Poussés par un bon alizé de sud-est, ainsi qu’un peu de courant, à l’aube du deuxième jour on double le Cabo São Roque, le coin nord-est du pays. Nous quittons alors le plateau continental pour poursuivre un peu plus au large et nous retrouvons enfin les eaux bleu dense de l’océan, pendant que le courant nous entraîne maintenant vers l’ouest et se renforce. Nous entrons dans une première zone de grains, et au gré des sautes de vent, nous enchaînons les empannages, réussissant parfois à longer le même cumulonimbus pendant des heures en profitant de son vent.

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Un caracal, petit mais carnassier
Grand évènement en cette fin d’année : la famille de Nicolas au grand complet venait nous retrouver et passer les fêtes. Pour pallier aux éventuels aléas d’une traversée de deux semaines (et en particulier la météo), nous avions pris de la marge – tant et si bien qu’une fois arrivés à Richards Bay, nous avions plus de deux semaines d’avance. Une fois installés au Zululand Yacht Club, nous avons donc pu vaquer à nos occupations sans urgence. D’une part nous avons pu faire pas mal d’entretien à bord. Les claquements dans la houle avaient soumis le bateau à rude épreuve pendant la traversée, et il a fallu réparer une des poulies ouvrantes cassée. Le génois, lui, commençait à se découdre ou à se déchirer en plusieurs endroits, et il a fallu l’affaler, le recoudre et le rehisser. La grand-voile, elle aussi, commençait à se déchirer sur le guindant au point d’attache d’un coulisseau, ce qui commence à être embêtant, mais plus embêtant encore, la têtière commençait à s’arracher, et l’on a réparé comme on a pu. La perche IOR avait rompu son support – Heidi l’avait rattrapée in extremis en mer – et nous l’avons donc refixée de manière plus permanente. Le moteur, lui, avait besoin qu’on en fasse la vidange, ce qui fut fait sans tarder. Enfin, nous avons décidé qu’après l’exigeante traversée de l’Océan Indien, le vérin du pilote auto avait besoin d’une révision complète. Ce faisant, nous avons trouvé les roulements dans un état peu reluisant, mais nous l’avons requinqué autant que possible.

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