Bienvenue à bord !

Ce journal relate principalement notre voyage à la voile, à bord de notre cotre Fleur de Sel. Vous pouvez notamment revivre celui-ci sur une carte, en diaporamas ou au travers des récits au fil de ces pages.

Nous en profitons pour partager également quelques informations supplémentaires à propos de la grande croisière.


Sous un rare rayon de soleil, de la table de l'auberge de l'Ile Royale, on admire la vue sur l'Ile du Diable, de sinistre réputation.
Début avril, nous voici donc de nouveau en mer. Fleur de Sel navigue cap au nord sur l’eau vert-de-gris laiteuse qui baigne la côte brésilienne. Et comme nous longeons le talus continental, pendant toute la nuit nous slalomons entre des pêcheurs, heureusement tous éclairés, mais il faut veiller attentivement. Poussés par un bon alizé de sud-est, ainsi qu’un peu de courant, à l’aube du deuxième jour on double le Cabo São Roque, le coin nord-est du pays. Nous quittons alors le plateau continental pour poursuivre un peu plus au large et nous retrouvons enfin les eaux bleu dense de l’océan, pendant que le courant nous entraîne maintenant vers l’ouest et se renforce. Nous entrons dans une première zone de grains, et au gré des sautes de vent, nous enchaînons les empannages, réussissant parfois à longer le même cumulonimbus pendant des heures en profitant de son vent.


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Le choc en arrivant : la barre d'immeubles de João Pessoa !
Nous voici alors à l’orée du troisième et dernier tronçon de l’Atlantique Sud. Nous nous étions arrêtés aux deux escales possibles sur notre route vers le Brésil, et il nous restait alors précisément encore un tiers des 3’600 milles à avaler. La difficulté principale que l’on avait entrevue sur cette traversée, c’est qu’on s’élance pour 10-12 jours de mer avec très peu d’avitaillement frais (on a tout de même trouvé un peu de viande et quelques légumes), le dernier vrai plein datant de Cape Town un mois auparavant ! Il y a quelques articles qui permettent de tenir, comme le saucisson sec acheté au marché de Muizenberg et qui se conserve à merveille, et nous faisons germer des graines pour avoir de la verdure, sans parler de la viande que Heidi a mise en conserves et qui vient nous procurer de bons repas.


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Du haut de Cross Hill, magnifique vue sur Georgetown à gauche et Clarence Bay à droite. Fleur de Sel est le voilier le plus à droite et encore plus à droite on devine le pipeline évoqué plus loin, ici amarré à poste.
Une nouvelle semaine de mer nous attend, pour parcourir les 700 milles séparant Sainte-Hélène d’Ascension. Les premiers jours, et surtout les premières nuits, sont un peu plus ventées et humides qu’anticipé, mais Fleur de Sel avance bien. Et dès le troisième jour, les conditions sont de nouveau tranquilles. Elle sont même si stables et agréables, qu’on en profite pour marcher sous gennaker pendant 36 heures sans interruption. Ce n’est qu’à la tombée de la seconde nuit qu’on décide d’affaler, les conditions devenant plus variables. Pendant ces belles nuits étoilées, on peut admirer la Grande Ourse qui s’élève de plus en plus sur l’horizon nord, tandis que la Croix du Sud se rapproche de plus en plus de l’horizon sur l’autre bord.


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Heidi pause et pose à mi-chemin de la Jacob's Ladder
Nous avions 1’700 milles à parcourir pour ce premier tronçon en Atlantique Sud, et tout commença de manière fort variable, puisque après nous être dégagés du dévent de Table Mountain, le vent forcit dans l’après-midi jusqu’à dépasser la trentaine de nœuds en soirée : le fameux effet thermique de la pointe sud-africaine, exacerbé par la froideur de l’eau, nous permet de tester les nouvelles voiles arisées dans la brise. Mais à partir du lendemain, et à mesure que nous nous écartons du continent, nous avons droit à plusieurs jours de conditions plus clémentes dans un début d’alizés, ce qui permet une entrée en matière un peu plus agréable. Les quelques bancs de brume se dissipent, les pêcheurs se font très rares et il n’y a plus alors que quelques cargos pour partager l’horizon avec nous.


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C'est par une journée immaculée et ventée au possible que nous visitons la péninsule du cap, si spectaculaire
L’entrée de St. Francis est assez étroite et un pneumatique de la capitainerie nous a guidé jusqu’à notre place. Le port n’est pas très grand mais il abrite quelques dizaines de bateaux de pêche dans le premier bassin, et encore un peu plus de bateaux de plaisance (la plupart à moteur) dans le second bassin, entouré d’appartements de vacances, un peu une version sud-africaine de Nusfjord. L’ambiance y est un peu surréaliste, car nous sommes à la mi-janvier, en plein été, et pourtant seuls quelques logements sont occupés. Nous réalisons qu’ils ne doivent servir que 15 jours par an, sans doute lorsque des familles de Johannesbourg viennent y passer Noël. Il n’empêche, il y a un petit côté sympa à ce lieu de villégiature, surtout après notre escale à Durban. Mis à part un passage à la capitainerie (très sympa), pas de formalités à faire ici, c’est l’avantage d’un petit port. Et puis nous côtoyons les résidents permanents du port : les phoques et otaries, qui nous rappellent que nous sommes maintenant en eaux froides, ainsi que les cormorans, l’un d’entre eux ayant élu domicile chaque soir en tête de mât et tapissant chaque nuit le pont de l’inévitable cortège de déjections.


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Un caracal, petit mais carnassier
Grand évènement en cette fin d’année : la famille de Nicolas au grand complet venait nous retrouver et passer les fêtes. Pour pallier aux éventuels aléas d’une traversée de deux semaines (et en particulier la météo), nous avions pris de la marge – tant et si bien qu’une fois arrivés à Richards Bay, nous avions plus de deux semaines d’avance. Une fois installés au Zululand Yacht Club, nous avons donc pu vaquer à nos occupations sans urgence. D’une part nous avons pu faire pas mal d’entretien à bord. Les claquements dans la houle avaient soumis le bateau à rude épreuve pendant la traversée, et il a fallu réparer une des poulies ouvrantes cassée. Le génois, lui, commençait à se découdre ou à se déchirer en plusieurs endroits, et il a fallu l’affaler, le recoudre et le rehisser. La grand-voile, elle aussi, commençait à se déchirer sur le guindant au point d’attache d’un coulisseau, ce qui commence à être embêtant, mais plus embêtant encore, la têtière commençait à s’arracher, et l’on a réparé comme on a pu. La perche IOR avait rompu son support – Heidi l’avait rattrapée in extremis en mer – et nous l’avons donc refixée de manière plus permanente. Le moteur, lui, avait besoin qu’on en fasse la vidange, ce qui fut fait sans tarder. Enfin, nous avons décidé qu’après l’exigeante traversée de l’Océan Indien, le vérin du pilote auto avait besoin d’une révision complète. Ce faisant, nous avons trouvé les roulements dans un état peu reluisant, mais nous l’avons requinqué autant que possible.


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Fleur de Sel vient de doubler le Cap de Bonne-Espérance en ce dimanche matin !
Fleur de Sel vient de doubler le Cap de Bonne-Espérance en ce dimanche matin ! Un joli message en ce début d’année.


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Coucher de soleil alors que Fleur de Sel fait route plein sud-ouest en configuration océanique : retenue de bôme sur la GV et écoute de largue sur le génois sont à poste.
Et voilà, la réunion est terminée ;-) Après encore 10 jours de merveilleuses rencontres et superbes découvertes au départ de St-Pierre (et notamment l’ascension du volcan, le Piton de la Fournaise), nous avons largué les amarres ce matin. Comme prévu la houle a baissé suffisamment pour nous laisser franchir l’entrée du port, autrement barrée par des rouleaux de surf. Et comme la météo semble aussi bonne qu’elle pourra l’être, vogue la galère et advienne que pourra.


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Le Cirque de Mafate s'étale devant nos yeux, de haut en bas et de droite à gauche.
La traversée Maurice-Réunion n’a pas été des plus plaisantes. Même si le vent a tenu plus longtemps que prévu après le départ, il est toutefois tombé en soirée avec l’arrivée de la grisaille, et l’on a fait la plupart du trajet au moteur. Au matin, l’ex-île Bourbon n’était qu’un mince filet sombre coincé entre mer et nuages. La fenêtre météo était donc loin d’être idéale, mais impossible pour nous d’attendre la suivante, au moins une semaine plus tard. Une fois n’est pas coutume, nous avions rendez-vous, et nous tenions donc à être là à temps ! Finalement, Fleur de Sel a franchi les passes du Port des Galets avant 17 heures, le contraire nous aurait autrement valu de passer la nuit dehors dans une houle forcissante. Les formalités d’entrée ont été expédiées par les douaniers charmants. Certes, il a fallu faire désinfecter toutes nos chaussures et s’assurer que nous n’importions aucun produit carné ou laitier, en raison de l’épidémie de fièvre aphteuse qui sévit à Maurice, mais rien de bien méchant d’autant que nous avions été très bien informés, et donc nous étions préparés. Un vrai plaisir après les embrouillaminis mauriciens ! Après une soirée d’accueil haute en couleur (et en gastronomie créole) à bord de Ralph Rover, et en compagnie de l’équipage de Privateer, une bonne nuit de repos était nécessaire.


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Elégant mélange de multiples sucres mauriciens
Notre expérience mauricienne avait commencé à Rodrigues, déjà, car rappelons-le, Rodrigues est administrée par Maurice malgré son autonomie obtenue il y a une quinzaine d’années. Alors que nous approchons par le nord de l’île Maurice elle-même, après trois jours et trois nuits dans un vent très mou, nous ne nous réalisons pas encore à quel point les deux îles seront différentes. On s’en doute évidemment un peu, puisque nous nous rendons dans un paradis du tourisme hôtelier après Rodrigues la reculée et l’authentique, mais on ne le réalise pas encore. Et du reste, ce n’est pas de là que proviendra le contraste majeur. Mais il faut auparavant arriver et accoster, tandis que nous venons seulement de virer l’Ile Ronde dans la nuit, puis l’Ile Plate et le Coin de Mire à l’aube, et que Maurice se découvre au lever du soleil. Les courants de marée, assez fort par ici, sont la plupart du temps avec nous. Il nous faut encore descendre la côte ouest sur une quinzaine de milles avant de pouvoir embouquer, entre les chalutiers taïwanais, le chenal de Port-Louis, la capitale et unique port d’entrée.


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Pêche à la voile sur le lagon de Rodrigues, une voile parmi tant d'autres
Accostage, amarrage, premières poignées de main, premiers officiels pour faire les formalités d’entrée, regards alentour pour prendre nos marques, regard en arrière pour notre fier bateau qui nous a menés là, ainsi se passent les premiers moments à l’arrivée. Nous voici donc à bon port, sur l’île Rodrigues, le gros de l’Océan Indien derrière nous, et désormais déjà sur un confetti d’Afrique – et cela prend un peu plus de temps à réaliser. Mais après une bonne nuit, il n’y paraîtra presque plus et la traversée mouvementée sera déjà un souvenir. Désormais s’offre à nous cette belle et attachante île, et nous commençons la découverte par Port-Mathurin, son chef-lieu (6’000 âmes). Son petit centre-ville quadrillé et ombragé, le marché proposant pléthore de fruits et légumes colorés et bien plus européens que ceux d’Indonésie, la boulangerie qui propose des baguettes à très petit prix, et le supermarché où l’on trouve de nombreux produits français.


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Entre les Cocos, que nous quittons, et Rodrigues, que nous visons, il y a environ 2’000 milles nautiques à parcourir. Nous avons déjà parcouru plus que cela en 2011, entre Juan Fernandez et Rapa Nui, l’Ile de Pâques – mais il n’y avait alors qu’un peu plus de 1’630 milles à parcourir en ligne droite, et ce n’est que parce que nous avions du contourner l’anticyclone de l’Ile de Pâques que nous avons du faire un grand détour. Cette fois-ci, rien de tout cela : 2’000 milles d’immensité océanique à parcourir sans terre au milieu. Cette fois-ci, nous ne ferons pas 40% de route en plus mais seulement 1,4% ! Autant dire que Fleur de Sel va s’en tenir quasi-strictement à l’orthodromie, la route la plus courte selon le grand cercle. Et surtout, chose incroyable, la constance des alizés de l’Océan Indien vont faire que nous réaliserons le trajet dans sa quasi-entièreté sur un seul bord, bâbord-amures. Un gigantesque bord de 13 jours, voilà ce à quoi il fallait que nous nous attendions – oui, vous avez bien lu, 13 jours pour 2’000 milles ! Ce sera donc une traversée unique pour Fleur de Sel, longue, rapide, et faut-il le préciser pas tout à fait confortable. Attachez vos ceintures, il n’y a pas de sortie de secours, et en route, donc, pour la traversée de l’Indien…


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