Fleur de Sel a tellement bien avancé depuis que nous nous sommes dégagés du dévent de Pico que nous décidons d’aller le plus loin possible. Plutôt que de nous contenter de l’île de São Miguel, nous visons Santa Maria, que nous atteignons sans problème avant la nuit, au terme d’un parcours de plus de 180 milles effectué en 29 heures. Bien nous en prend. Il est vrai qu’initialement nous découvrons une île moins haute et moins spectaculaire que ses consœurs, mais elle dégage une atmosphère quelque peu différente. Est-ce parce qu’elle semble plus plate, plus aride, plus ensoleillée ?

Les reliefs de l’île étant dans l’est, pendant notre approche c’est un plateau défendu par de petites falaises noires que nous longeons. En fait, la partie ouest de Santa Maria est tellement plane que c’est là que fut bâti le premier terrain d’aviation des Açores, pendant la Seconde Guerre Mondiale – pour la petite histoire, les Britanniques ont demandé l’appui des Portugais en vertu du traité anglo-portugais datant du XIVème siècle ! L’agglomération principale de l’île, Vila do Porto, se présente comme la plupart des autres villes des Açores, sous la forme de maisons blanches chapeautées par des toits de tuiles rouges, telles un ruban clair assis sur un escarpement sombre.

C’est au pied d’une citadelle fortifiée qui défendait la ville que nous venons nous amarrer. Comme ailleurs aux Açores, le port de plaisance date des dernières années et a été financé en majeure partie par l’Union Européenne, et il est excellemment bien protégé. La ville, qui est bâtie toute en longueur le long d’une artère centrale qui monte vers l’intérieur, est très mignonne et proprette. Les arrières-rues sont moins pittoresques, mais le long de cette première s’égrène de jolies églises, un élégant couvent et d’autres bâtiments dont l’attrait réside plus dans l’ensemble harmonieux qu’ils constituent que dans les qualités individuelles de l’un ou de l’autre. Le seul inconvénient, c’est que pour la rejoindre il nous faut y grimper et que le raidillon pavé qui y mène est suivi par la grande montée en faux-plat de la grand-rue, un bon exercice qui nous fait baigner de transpiration chaque jour, particulièrement lorsque le soleil tape.

Pour visiter l’île, nous cherchons un véhicule. L’agence de location est évidemment située tout en haut de la ville, mais ce n’est pas le plus grave : aucune voiture n’est disponible et les bus sont quasi-inexistants. Nous devons nous rabattre sur un scooter, ce qui est une première pour nous, et c’est bien parce que la circulation semble très tranquille que nous acceptons de nous lancer. Vu notre manque d’expérience, le défi des virages en épingle à négocier à deux sera déjà suffisant !

Munis des nos deux roues motorisées, nous ne tardons pas à découvrir ce qui distingue Santa Maria de ses voisines. Géologiquement, c’est la plus ancienne et la seule de l’archipel des Açores à être située sur la plaque tectonique africaine. Son origine volcanique est déjà moins évidente, et nombreuses sont les roches sédimentaires, ce qui contraste avec ce que nous avons vu jusqu’ici. Le climat y est également plus ensoleillé et plus doux, c’est la seule île à arborer de véritables plages, et si l’on ne craignait pas le ridicule, on pourrait effectivement parler d’une certaine (légère) touche subtropicale dans le paysage et dans l’ambiance. Pas partout, évidemment, mais dans l’après-midi, nous nous rendons au Barreiro da Faneca, un véritable « mini-désert » d’argile rouge inculte. Oh, il n’est pas très grand, mais l’espace d’un kilomètre ou deux, nous faisons notre propre mini-Paris-Dakar sur la piste en vue de l’Océan Atlantique ! A peine plus loin, dans le nord-ouest de l’île, nous visitons la région de la station balnéaire d’Anjos, où la végétation, basse, est jaunie par le soleil. C’est là que Christophe Colomb a relâché en 1493 sur la route du retour de son célèbre premier voyage américain.

Mais plus tôt dans la journée, c’est indéniablement l’une des Açores que nous sillonnons à califourchon sur notre engin, même si les hortensias se font souvent plus rares qu’ailleurs. Les villages de l’intérieur que sont Santa Barbara et Santo Espirito ne manquent particulièrement pas d’attrait, avec leurs nombreuses maisons blanches. Quelques particularités cependant : d’une part les cadres des portes et fenêtres y sont colorés, en bleu dans le premier, et en vert dans le second, ce qui donne un cachet supplémentaire. D’autre part, dans toute l’île, la plupart des maisons sont dotées de très hautes cheminées blanches telles qu’on n’en voit pas ailleurs aux Açores. Sur la côte est, ensuite, nous nous rendons à São Lourenço, village installé au pied d’imposantes falaises circulaires. Ce cirque est admirable vu d’en bas, mais plus encore du miradouro qui le surplombe et qui permet d’admirer dans toute sa splendeur les étonnants terrains cultivés en terrasse et délimités par un damier de murets.

Dans le coin sud-est de l’île, le village de Maia est également adossé à de telles parcelles à étages, et dispose d’une belle piscine d’eau de mer comme les Açoriens les apprécient tant. Au bout du village, le magnifique site d’une cascade malheureusement à sec faute de pluie suffisante. Et au sud, qui trône sur son promontoire, le très joli phare de Gonçalo Velho fait un parfait arrière-plan et nous invite à y admirer le point de vue. Lorsque nous y arrivons, le gardien nous propose très aimablement de le visiter, et c’est ainsi que nous parcourons non seulement la salle des générateurs de secours parfaitement entretenus, mais aussi les étages du phare et sa lanterne. C’est la première fois que lors d’une visite d’un phare nous avons le droit d’approcher ainsi de la lentille de Fresnel, et elle est magnifique à admirer d’autant qu’elle aussi est en parfait état. Peut-être plus encore ici qu’en parcourant les villages proprets des Açores, on admire le goût des Portugais pour le travail bien fait, pour les choses bien entretenues, pour les équipements soignés. Chose qui ne gâche rien à cette visite, enfin, le soleil a réussi à percer les nuages, si bien que la vue plongeante du haut du phare, qui conjugue les coteaux empierrés et l’eau limpide, turquoise par endroits, est véritablement magnifique.

Lors de cette journée de vadrouille, nous nous rendons aussi au sommet de l’île, facilement accessible par la route, mais à la limite du plafond nuageux, dommage. Le panorama y est joli et la forêt belle. La baie de Praia, dans le sud, est également agréable, mais elle n’a pas le cachet de São Lourenço. Fourbus, mais contents d’avoir fait un beau tour, nous rendons ce soir là notre scooter avant de retraverser à pied la jolie Vila do Porto.

Après une journée supplémentaire, passée à faire du ménage, des lessives et un peu de bricolage (et aussi à rattraper du retard sur le journal de bord !), nous remettons en route le lendemain. Entre temps le vent s’est effectivement inversé et c’est maintenant tribord amures que nous parcourons les 50 milles qui nous séparent de São Miguel, la plus grande des Açores. Nous sommes partis tôt, mais Fleur de Sel est particulièrement rapide au travers, si bien que nous atteignons le petit port de Vila Franca do Campo bien avant le soir. Heureusement, car il ne reste qu’une seule place disponible et le voilier allemand qui arrive 20 minutes après nous doit se contenter d’une place sur le quai des pêcheurs, face à la sortie. Comme par ce vent d’est costaud c’est un emplacement très mal protégé, il aura disparu dès le lendemain, peut-être même dans la nuit, n’ayant très certainement pas trouvé le repos là.

Cela dit pour nous la partie n’est pas gagnée non plus car si la place se situe dans un bassin où la houle ne rentre pas, en revanche l’amarrage se fait sur pendilles et évidemment c’est travers au vent qu’il nous faut nous glisser entre les bateaux et les cordages. Nous devons nous y reprendre à cinq fois, forçant au passage sur l’inverseur du moteur, mais nous finissons par nous amarrer sans faire de dégâts. Nous avons eu droit à tout pendant ce voyage : pontons flottants, quais en béton ou en bois, piles, mais très décidément l’amarrage sur pendilles est véritablement celui que nous aimons le moins. Et une chose est certaine : Fleur de Sel, avec sa marche arrière où le pas d’hélice a plus d’effet que la propulsion arrière elle-même ne serait décidément pas un bon bateau pour les ports méditerranéens où les pendilles sont monnaie courante. Seule consolation pour nous, et que nous ne découvrirons qu’au moment de partir : le prix véritablement modique de la place de port : moins de 6€ la nuit !

Si nous avons choisi Vila Franca do Campo comme escale, c’est que le port de Ponta Delgada, la capitale située 10 milles plus loin, n’est pas bien protégé par un tel vent d’est. C’est dommage car nous ne verrons pas Ponta Delgada. Et à la place nous découvrons Vila Franca do Campo qui nous déçoit beaucoup. La ville est étriquée, mal entretenue, délabrée, voire sale par endroits. Inutile de dire que nous sommes surpris tant cela dénote avec ce que nous avons découvert des Açores jusqu’ici. Le seul centre d’intérêt qu’on y trouve, ce sont les queijadas, des petites pâtisseries artisanales, qu’on y fabrique localement et qui ne peuvent être que délicieuses tant elles ne contiennent que de bons ingrédients : lait, œufs, sucre, beurre et farine !

L’île de São Miguel est la plus touristique de l’archipel, sans doute en raison des dessertes aériennes plus fréquentes et meilleur marché depuis le continent, mais paradoxalement les voitures de location sont encore plus impossibles à trouver, d’autant plus que nous sommes dans une petite ville excentrée avec bien moins de possibilités qu’à Ponta Delgada. La faute certainement à la haute saison estivale qui bat son plein et qui sature les capacités touristiques de l’île. Il nous faut donc nous rabattre sur les liaisons possibles en bus. Si les tarifs sont très abordables, en revanche les horaires sont difficiles à trouver et lorsque c’est enfin chose faite, on se rend compte que les possibilités sont très limitées. Nous optons donc pour une virée à Furnas, un village situé dans la montagne non loin, dans l’une des trois caldeiras volcaniques de l’île.

Le lendemain de notre arrivée, nous voici donc en route, et sur le court tronçon que nous parcourons nous admirons la belle campagne de São Miguel, intensément cultivée, et parcourue de belles haies d’hortensias. Au-delà du lac qui occupe une partie du cratère, nous atteignons Furnas, joli village touristique à l’ambiance particulière : il est installé autour de fumerolles et de sources d’eau chaude qui témoignent si besoin en était de l’activité volcanique à peine somnolente de São Miguel. Contrairement à Santa Maria où les volcans sont vieux et éteints, ici on sent que ça bout dans les entrailles de la Terre. Nos yeux admirent la géothermie à l’œuvre (un monsieur vient même y faire cuire une douzaine de gros sacs remplis d’épis de maïs !), mais notre odorat est moins envoûté par les vapeurs sulfurées qui s’échappent ici ou là !

En divers endroits du village, surgissent des sources d’eau chaude portant des noms colorés (comme celle de la Tia Silvina, la tante Silvina). Un peu plus loin se trouve un complexe thermal moderne, mais nous optons plutôt pour la visite du jardin Terra Nostra, un beau parc botanique où poussent de nombreuses espèces végétales provenant de partout dans le monde. Non loin de l’entrée du jardin se trouve le grand bassin thermal, une énorme piscine ovale et… orange ! C’est que les sources sont ferreuses et çà se voit. Au retour d’une petite grimpette qui nous a d’abord menés à un point de vue sur le village, un petit bain n’est pas de refus, si ce n’est qu’il n’a rien de rafraîchissant, bien au contraire.

De retour à Vila Franca do Campo, nous avons le plaisir d’accueillir le lendemain Ralph Rover, arrivé dans la nuit, et son équipage habituel de Marie et Laurent, renforcés par Xavier, prêtre qui les mariera en octobre et équipier de passage. Comme nous ne ferons que nous croiser, nous passons de bons moments ensemble ce jour là, que l’on terminera par l’une des célèbres soirées crêpes de Fleur de Sel, la dernière du voyage…

Mais si le périple approche de son terme, pourquoi Fleur de Sel fait-elle alors cap à l’ouest le lendemain ? Non, nous n’avons pas changé d’avis, nous revenons certes en arrière mais seulement pour atteindre l’île de Terceira, que nous n’avions pas encore eu l’occasion de voir. Pour nous y rendre, nous profitons ainsi du vent d’est portant, qui doit encore tenir tout juste jusqu’au lendemain, et de plus nous nous y trouverons alors plus au nord, en meilleure position pour attraper les vents d’ouest pour la suite. Inconvénient cependant : le vent mollit, tandis que la mer, elle, ne retombe que plus lentement. Si nous avons bien avancé dans la journée, la nuit, elle, est assez agitée pour cette raison et nous sommes contents d’effectuer enfin notre approche dans la matinée. Terceira nous révèle des paysages fertiles et au relief moins brut que d’autres îles. Et pourtant, les Ilhéus das Cabras, qui débordent un peu la côte, ne laissent aucun doute quant au fait qu’ils proviennent d’un ancien cratère volcanique partiellement effondré.

Après 24 heures de mer, Fleur de Sel vient donc se glisser dans la baie d’Angra – quel pléonasme, angra signifiant précisément « baie »… Enfin, la baie d’Angra do Heroismo, car les villes de Terceira portent des noms cocasses, affublés de titres chargés de souligner leur rôle vaillant et essentiel dans la guerre civile portugaise des années 1830 (cf. aussi Praia da Vitoria). Mais point besoin de tels titres pour souligner le rôle historique d’Angra. L’architecture s’en charge toute seule, car nous venons de nous amarrer dans le centre de l’ancienne capitale de l’archipel, site classé au patrimoine mondial de l’humanité. Quel immense plaisir, après Vila Franca do Campo, de découvrir Angra. C’est le jour et la nuit et nous sommes rapidement convaincus qu’il s’agit là de la plus jolie des villes des Açores.

La belle Igreja da Misericórdia vue du haut du mât pendant le contrôle du gréement

La belle Igreja da Misericórdia vue du haut du mât pendant le contrôle du gréement

Pendant les quatre jours que durera notre escale, nous ne cesserons de nous y promener, explorant successivement telle ou telle direction. Les églises sont nombreuses, variées et élégantes, à commencer par la somptueuse Igreja da Misericórdia, bleu clair, qui nous fait directement face sur le port. La cathédrale, elle, est bordée de beaux palmiers et nous apprécions son carillon, un son que nous n’avons pas entendu depuis des années, et que nous devinons devoir aux Flamands, mandatés par les Portugais pour coloniser les îles lors de leur découverte au XVème siècle. Les couvents, palais, manoirs et hôtels particuliers sont également légion dans la ville, et certains d’entre eux atteignent des dimensions importantes tandis que d’autres font preuve d’originalité architecturale. Et là où aucun édifice ne dénote par rapport à ses voisins, c’est l’élégance de l’ensemble qui séduit.

L’une de nos promenades nous mène à l’Alto da Memoria, un mémorial à la guerre civile duquel la vue embrasse toute la ville et la baie. Mais surtout, de là on peut redescendre en ville en zigzaguant au travers du jardin public ducal, un magnifique espace végétal et ombragé, situé au cœur de la ville, de haut en bas d’un talus abrupt parcouru d’escaliers et de fontaines. Le lendemain, notre escapade a pour but un monticule de verdure bien plus important, à savoir le Monte Brasil, volcan éteint qui protège la baie au sud. La randonnée nous fait alterner sentiers dans la forêt et passages sur les différents sommets qui entourent la caldeira. De là haut, nous avons de jolis dégagements sur la ville en face, au petit détail près que le temps est plus couvert que prévu et qu’il se dégagera évidemment une fois de retour à bord ! Nous sommes dimanche, et il est manifeste que le site est populaire pour venir pique-niquer en famille, si bien que l’odeur des grillades se dégage des nombreux barbecues installés là pour l’usage de tous, comme c’est souvent le cas aux Açores.

Mais ce n’est pas tout ça, il nous faut aussi travailler un peu : outre de nouvelles lessives à faire, ainsi que de la cuisine (Heidi nous prépare six repas prêts en bocaux), notre liste de travaux à effectuer est longue, car Fleur de Sel doit être prête à se lancer dans une nouvelle traversée océanique. Nous passons donc une journée à vérifier le gréement, l’équipement de sécurité, les pompes de cale et les passe-coque car ces derniers fuient maintenant légèrement et demanderaient à être remplacés à la prochaine sortie de l’eau, et le moteur enfin dont l’embrayage semble avoir des ratés depuis la manœuvre de port sportive de Vila Franca do Campo. Il nous faut également réparer ce qui a cassé ici ou là, rien de majeur car nous veillons, mais on sent que le bateau, qui navigue maintenant presque sans relâche, et certainement avec peu de périodes d’entretien véritable, depuis deux ans maintenant, commence à fatiguer.

Fleur de Sel nous fait régulièrement comprendre qu’elle a besoin de souffler et que si nous n’étions pas en train de la ramener à la maison, elle aurait alors besoin d’un bon séjour en chantier avant de pouvoir poursuivre dans de bonnes conditions. Certes, on peut toujours tirer sur le matériel, mais les avaries semblent alors se multiplier exponentiellement et surtout au plus mauvais moment. C’est ce que nous nous efforçons d’éviter et contrairement à ceux, nombreux (et naïfs ?) qui terminent un tel voyage avec un bateau qu’ils mettent en vente en assurant de manière un peu douteuse qu’il est « prêt à repartir », non, nous savons que Fleur de Sel est prête, elle, à se reposer. Son chantier de remise en état avait commencé il y a presque 8 ans maintenant, et nous l’avions alors équipée en vue d’un tour du monde de 5 ans, durée que nous avons finalement outrepassée. Pendant notre intermède calédonien, tout n’a, certes, pas été sollicité comme en navigation. Mais à la place tout a dû subir les assauts des ultraviolets implacables et du climat tropical humide. Et il y a encore beaucoup de choses que nous avons choisi de ne pas remplacer, soit faute de temps, soit en raison du prix indécent en Nouvelle-Calédonie.

Bref, le bilan serait intéressant à faire, et sans être exhaustifs, nous tenterons déjà de vous proposer quelques chiffres prochainement. Mais en attendant, nous savons que les 1’200 milles qu’il nous restent à effectuer en plein Atlantique Nord, fut-ce en été, demandent un bateau en parfait état de marche. Si nous pouvons tolérer quelques dysfonctionnements en termes de confort, la partie nautique, elle, se doit d’être sans faille. Jusqu’ici nous avons réussi à éviter le gros temps, mais Neptune sera-t-il clément et ne cherchera-t-il pas à se rappeler à notre bon souvenir avant la fin ? C’est qu’une navigation océanique dans les quarantièmes, même de l’hémisphère nord, n’a rien d’anodin. Surtout quand un ouragan traîne dans l’ouest du bassin comme cela semble être le cas. Aussi nous consacrons-nous beaucoup au bateau pendant notre escale à Angra, si bien que nous ne prenons pas le temps d’explorer le reste de l’île. Mais c’est ainsi, même en passant un mois aux Açores, il est impossible de tout voir. Tout comme à São Miguel, il nous resterait encore beaucoup à découvrir sur Terceira, mais ce sera pour une autre fois.

Nous sommes même tellement absorbés par nos préparatifs que nous en oublions que le jour choisi pour notre départ, le 15 août, est férié, ce contrarie quelques peu nos projets d’avitaillement au marché et à la boulangerie. Heureusement, certains supermarchés sont ouverts malgré tout et c’est donc sans risque ni de famine ni de scorbut à bord que Fleur de Sel peut s’élancer à l’assaut de sa dernière grande traversée. La météo n’est pas facile, mais ce n’est pas grave, il nous faut déjà attraper les vents d’ouest enfin sur le point de revenir, et pour la suite on prendra ce qui viendra. Après avoir viré la Ponta da Mina, au sud-est de l’île, c’est donc en faisant cap presque plein nord que nous faisons nos adieux aux Açores. Depuis le temps qu’on en entendait parler, nous pouvons dire que nous n’avons pas été déçus de notre visite, et que ces îles si attachantes sont la parfaite escale avant le retour.

Ecrit en mer par 48°N 10°W, à l’approche de la pointe de Bretagne.

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