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Après avoir laissé derrière Komodo et les îles environnantes, nous avons ensuite longé Sumbawa – la plus grande des îles indonésiennes que nous aurons abordées. De Sumbawa on peut retenir sa forme tarabiscotée, qui la coupe presque en deux, et nous ne visiterons d’ailleurs que dans la partie nord-est – « Bima », d’après le nom de sa capitale, « Sumbawa » faisant référence à la partie sud-ouest chez les îliens. Par ailleurs, c’est dans cette région qu’on constate un changement progressif dans la végétation et la flore, qui, d’un caractère quelque peu australien, se muent progressivement en environnement eurasiatique (voir les lignes de Wallace, de Huxley, de Weber et de Lydekker). Et puis, au passage, nous visitons là notre dernière île véritablement rurale, encore que la densité de la population augmente alors que l’on progresse vers l’ouest. Enfin, sur notre itinéraire, c’est aussi le moment où nous entrons réellement dans la sphère à très forte dominante musulmane, après le foyer chrétien dans l’est de Flores et l’intéressant mélange chrétien-musulman alentour. Sumbawa avait même, un temps, eu la réputation d’être ouvertement islamiste, du moins dans les agglomérations. Peut-être pour cette raison, et peut-être parce que l’île recèle moins d’attractions évidentes, elle ne s’est jamais vraiment développée touristiquement.

Si l’on avait tout le temps du monde, il y aurait certainement fort à faire pour visiter ne serait-ce-que l’immense Teluk Saleh (teluk = baie), qui entaille profondément l’île en son milieu. Mais nous n’avons justement plus beaucoup de temps, et Fleur de Sel ne fait qu’effleurer la côte nord, enchaînant des journées à 40 ou 50 milles pour gagner de l’ouest. Au cours de ces journées nous côtoyons des volcans massifs. Le premier jour, nous passons entre l’île volcanique de Sangeang (1’949m) et le massif du Doro Pundunence (1’433m), atteignant les abords de Bima en soirée, où nous trouvons enfin de quoi recharger notre carte SIM (retrouvant ainsi un accès Internet). Le lendemain nous contournons le massif du Doro Lambuwu (1’628m) et nous passons la nuit non loin du village de Kilo.

Dès ce soir-là, et surtout le jour suivant, nous admirons par un temps magnifique, pendant toute la journée et sous tous les angles ou presque, le colossal Gunung Tambora (2’850m), pour aller passer ensuite la nuit devant la minuscule île volcanique de Satonda (280m). Celle-ci s’apparente en fait plus à un cône secondaire du géant Tambora, dont il faut peut-être rappeler l’éruption en avril 1815, la plus massive et puissante de l’histoire humaine. Les conséquences sont célèbres, à commencer par la fameuse « année sans été » de 1816, provoquant la plus importante famine du XIX° siècle, ainsi que l’écriture de Frankenstein par Mary Shelley. Mais deux anecdotes plus particulières nous permettent de commencer à réaliser l’immensité du cataclysme. D’une part, verticalement : nous apprenons que le grand cône à pente douce que nous voyons n’est que l’ombre de lui-même, puis qu’il a perdu un millier de mètre d’altitude dans l’explosion ! Par ailleurs, horizontalement, et encore plus ahurissant : le son provoqué par l’éruption fut entendu jusqu’à l’île de Rodrigues, que nous visiterons plus loin sur notre route, mais éloignée de 3’200 milles !!!

A une échelle bien évidemment plus modeste, nous avons nous aussi fait l’expérience du Tambora caractériel. Ce matin là, nous terminions le petit déjeuner à bord, quand subitement, pendant quelques secondes seulement, nous avons ressenti d’étranges mouvements provenant du corps-mort sur lequel Fleur de Sel était amarrée devant Satonda. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous avons eu confirmation (grâce à Internet), qu’un séisme de magnitude 5.5 avait eu lieu sous le Tambora, c’est-à-dire avec un épicentre à 12 milles à peine de notre position ! Heureusement, cela n’a pas porté à conséquence, et nous avons ensuite débarqué pour découvrir le petit bijou de Satonda : un mini-cratère rempli par un lac, et une belle promenade sur la crête avec une vue magnifique. En plus, nous y admirons des centaines de grosses chauves-souris rousses, certaines dormant dans les arbres, tandis que d’autres virevoltent dans les airs.

Fleur de Sel a ensuite arrêté de longer Sumbawa même pour aborder l’île de Moyo, qui vient fermer la grande Teluk Saleh. Le sud de l’île est une réserve naturelle où l’on trouve des cerfs et des sangliers (preuve que l’on revient dans des écosystèmes plus eurasiatiques qu’australiens…), tandis que la côte nord, que nous serrons de près, est une succession de belles cocoteraies. Nous venons mouiller dans la grande baie sur la côte ouest, qui s’avère très ventée et un peu agitée. Un resort luxueux et exclusif est installé un peu plus au nord dans la baie. Mais la véritable preuve que nous changeons ici de monde est sur l’eau. Outre le catamaran Patagonia, que l’on croise ici rapidement après l’avoir de même aperçu très vite autour de Komodo, nous partageons surtout le mouillage le lendemain avec Sapphire, un mégayacht qui s’empresse de sortir ses joujoux (jet-skis) et de gonfler son toboggan géant. Inutile de dire que nous écarquillons les yeux devant tant de délire, sans arriver à imaginer ce qui passe par la tête des pêcheurs locaux, qui vont et qui viennent, sans se soucier des extravagances de certains. Le snorkeling dans la baie, réputé pour être magnifique, nous a un peu déçu. Certes, il y avait de jolis coraux et poissons, mais la visibilité était très médiocre, et cela n’approchait en rien des merveilleux fonds de Komodo. Les couchers de soleil, en revanche, étaient somptueux, avec un rayon vert à la clé, et particulièrement aussi lorsqu’ils révélaient le Mt Rinjani, point culminant de Lombok (3’726m), distant de 60 milles.

Lombok, c’était précisément notre prochaine destination, mais alors que nous nous étions levés pendant qu’il faisait encore nuit pour partir tôt, le guindeau a refusé de fonctionner. Nous nous sommes donc mis en route avec retard, après avoir du remonter les 50m de chaîne manuellement. Ce soir là, après avoir jeté l’ancre à Gili Lawang, un démontage du guindeau a révélé que deux des quatre charbons du moteur étaient morts. En remplaçant l’un d’entre eux par un charbon que l’on avait en rechange, et en réussissant à souder les deux manchons qui restaient pour en faire un nouveau de la bonne taille, on est parvenu à réparer, même si le bricolage n’est que temporaire, jusqu’à ce qu’on puisse se procurer les bonnes pièces.

Dans le coin, on a commencé à faire l’expérience de multiples conditions météo. A Satonda et Moyo, le vent, habituellement aux abonnés absents, s’était subitement senti pousser des ailes, sans doute canalisé par la Teluk Saleh. Mais en quittant Moyo, nous étions de nouveau sous le vent d’une partie large de Sumbawa, et le vent est tombé, sans que l’étroit détroit qui sépare Sumbawa de Lombok (le Selat Alas) ne laisse passer grand-chose des alizés qui soufflent au sud des îles. Le lendemain, étant maintenant sous le vent de Lombok, on s’attendait au même scenario. Mais Lombok est plus étroite, et surtout, trône au nord de l’île, le Rinjani dont on a déjà parlé, et qui vient pimenter un peu la météo. A la mi-journée, le vent s’est levé en prenant une composante de plus en plus nord au fur et à mesure que nous progressions vers l’ouest. Notre escale pour la nuit (et pour les suivantes) était déjà organisée à la petite marina de Medana Bay. C’est là qu’on pourrait trouver (enfin !) un frigoriste pour tenter de remettre en état notre réfrigérateur à la peine, et celui-ci devait passer dès le lendemain matin. Seulement voilà, lorsque nous nous présentons dans la baie, le spectacle est effrayant. Le vent souffle maintenant avec force et les bateaux, aussi bien ceux amarrés sur le ponton flottant que ceux sur corps-morts se font matraquer par les vagues. Considérant l’endroit intenable, nous ressortons au plus vite de la baie devenue une piège bouillonnant, et nous décidons d’aller nous réfugier à la toute proche Gili Air.

Nous allons y passer trois jours, le temps que le vent revienne à la raison. Le mouillage n’y est pas tout à fait abrité du vent de nord-est, mais c’est notre seule option à proximité, et l’abri reste acceptable. Ce qui rend le mouillage moins tranquille, c’est que Gili Air est une grande destination touristique. Les bateaux de touristes passent donc non loin de nous lancés à grande vitesse, et l’escale, que l’on a vue décrite comme « reposante » ne mérite pas tout à fait ce qualificatif. Mais une fois à terre, l’île est attachante par son ambiance relax et par son côté un peu bohème. Chaque bâtiment ou presque est soit un resort, un lodge, un hôtel, un guesthouse, un restaurant, un bar, un café, ou un warung (boui-boui ou cantine locale). Les touristes, dont le portrait robot est le jeune couple européen, viennent trouver là un séjour confortable, tranquille et sans chi-chis. Nous essayons donc tant bien que mal de nous fondre dans la masse, ce qui n’est pas désagréable pour quelques jours. L’équipage se laisse choir dans un luxe inhabituel, mais qui reste ici abordable : multiples repas au restaurant, verres au bar, petit-déjeuner à terre, glaces en pleine chaleur, et surtout une longue séance de massages ! Nous croisons aussi là un voilier autrichien, Calamares, chez qui nous passons une soirée sympa, la première chez des voileux depuis longtemps !

Au bout de quelques jours, nous faisons marche arrière pour regagner Medana Bay Marina, où le vent soutenu est enfin tombé, ne laissant subsister que des thermiques, et sans toutefois que la houle, elle, ne cesse. Ce n’est donc pas d’un grand confort, car Fleur de Sel dance bien trop à notre goût. Au goût du frigoriste aussi ! Lui et son apprenti sont venus nous rendre visite en fin d’après-midi le lendemain de notre arrivée, et à cette heure-là, la brise s’en donnait à cœur joie. Il parvient à diagnostiquer un important manque de gaz, et à recharger une partie du circuit avant que le mal de mer n’ait raison de lui ! Nous parviendrons à obtenir de lui qu’il revienne le surlendemain matin, à une heure moins agitée. A cette occasion, il finira de remettre notre réfrigérateur en état de marche en complétant encore le remplissage. Ne reste que l’imperfection de notre isolation, qui, sous ce climat, empêche la glacière de véritablement perdre des degrés. Quel soulagement de pouvoir enfin maintenir les aliments (et les boissons !) au frais…

Magnifique dallage de rizières à Sembalun, à 1'000m d'altitude et au pied du Rinjani

Magnifique dallage de rizières à Sembalun, à 1’000m d’altitude et au pied du Rinjani

En quelques jours à Medana, grâce au personnel adorable et aux petits soins, nous parvenons également à régler quelques autres nécessités logistiques : la lessive est faite (et elle revient pliée et repassé, mais parfumée au grand dam de Heidi !), et on se fait livrer le gazole (mais il faut le filtrer soigneusement, les jerrycans n’étant pas tous propres, et de plus le contenu réel est inférieur à celui demandé et payé, mais c’est déjà pas mal de parvenir à refaire le plein). Enfin, la marina organise à notre demande une voiture pour réaliser une excursion pendant la journée libre passée à attendre le retour du frigoriste, et le chauffeur nous conduit d’abord au village de Sembalun, dans un magnifique cirque à 1’200m d’altitude, et au-dessus duquel culmine le Gunung Rinjani. Il nous emmène ensuite découvrir les rizières en terrasses au-dessus de Bayan, l’admirable Masjid Kuno Bayan Beleq, la plus vieille mosquée de Lombok, datant du XVII° siècle. Et nous terminons enfin l’excursion en nous rendant à Senaru, où nous admirons la belle cascade de Air Terjun Sindang Gila, avant de prendre le chemin du retour – avec une halte coiffeur au bord de la route pour moi ! Nous passons également de bons moments avec Gretchen et Bob, sur Wind Witch, qui sont là depuis longtemps. Enfin, nous réalisons, de manière expresse, une autre expédition, vers Mataram, la capitale de Lombok (presque 500’000 habitants, tout de même !), pour nous rendre à l’Epicentrum, un grand centre commercial, pour trouver de quoi ravitailler après des semaines sans supermarché.

Mais nous souhaitons encore profiter des huit jours qu’il nous reste sur notre visa indonésien, et nous quittons donc dès que possible la marina, pour traverser le Selat Lombok, de l’autre côté duquel nous atteignons la célèbre île de Bali. Le paysage est assez majestueux, car nous arrivons sur la côte nord, la plus accidentée, et nous mouillons pour la nuit dans la Baie d’Ambat, en face du village d’Amed. A y regarder de plus près, après avoir passé un véritable barrage de DCP (dispositifs de concentration de poissons, un véritable champ de mines), le littoral est constellé de resorts, mais le Gunung Agung (3’031m) culmine de manière admirable au-dessus du mouillage. Mouillage, qui, malheureusement, s’avérera terriblement rouleur, ce qui n’est pas surprenant tant il est ouvert. Au matin, malgré de petits yeux, il faut nous rendre à l’évidence : en raison des rouleaux, il nous sera impossible de débarquer, la probabilité d’arriver à terre en un seul morceau étant fort réduite, et celle d’arriver à peu près secs tout simplement inexistante. Malheureusement, pour pouvoir mieux profiter de la côte nord de Bali, il nous faudrait pousser plus loin, jusqu’à Lovina, distante de 50 milles, et faire le retour ensuite contre le vent. Nous abandonnons cette idée et nous lui préférons celle d’aller nous abriter dans le coin sud-ouest de Lombok.

Nous effectuons donc une journée de louvoyage, en retraversant le Selat Lombok, pour gagner les environs de Gili Gede. Il s’agit d’un coin relativement calme, où le tourisme existe sans être outrancier, et où les habitants vaquent à leurs occupations sans nous accaparer. De plus nous sommes protégés du vent et de la houle, bref, nous coulons là nos derniers jours tranquilles en Indonésie. C’est là également que nous faisons les derniers préparatifs, les dernières vérifications, les derniers entretiens et bricolages avant l’Océan Indien. Et quand Fleur de Sel repart, cap à l’ouest, elle est fin prête. Une escale d’une nuit à Lembongan, île située en plein milieu du détroit, nous fait toucher du doigt le délire touristique balinais. Simple exemple, nous sommes mouillés entre un toboggan géant et un pseudo-sous-marin à fond de verre… Nous nous empressons donc de repartir pour notre destination suivante, la baie de Serangan, sur la côte sud-est de Bali.

Serangan est une petite île reliée à la grande île par un remblais routier. L’inconvénient c’est qu’on est un peu loin de tout, mais de toutes les façons il n’y a guère d’autre possibilité de mouillage. Et de plus, cela a permis à la petite île de garder un certain caractère authentique, ce qui ne gâche rien. En nous promenant, on découvre de multiples temples. Eh oui, la particularité de Bali, c’est d’être un îlot hindouiste au milieu de ce pays musulman. En fait, c’est même, après le sous-continent indien évidemment, le second foyer mondial de l’hindouisme. L’ambiance n’a rien à voir avec ce qu’on a pu découvrir auparavant en Indonésie : pas de mosquée, pas d’appel à la prière et en revanche, chaque habitation ou presque est décorée de petits autels, de statues de dieux ou d’avatars, et devant chacune on découvre des offrandes de riz avec de l’encens. Mais on n’a que peu de temps pour s’intéresser à tout cela, qui reste de toutes les façons relativement opaque pour nous. Dès le lendemain, nous nous affairons à compléter l’avitaillement en nous rendant chez… Carrefour ! Eh oui, cela semble incongru, et pourtant pour nous c’est exotique ou presque de trouver enfin certains produits auxquels nous sommes habitués, et qui pourront constituer notre avitaillement pour la traversée de l’Océan Indien. On trouve enfin de la farine de blé, des produits laitiers (beurre et yaourt en tête), ainsi que de la viande (et notamment du porc, puisque Bali n’est pas musulmane !)

Mais la moitié de notre séjour balinais sera consacré aux formalités. Jonglant avec les taxis pour nous rendre au port de Benoa, nous nous lançons ici dans une nouvelle chasse au tampon. Il faut d’abord aller au bureau du capitaine du port, où nous obtenons un formulaire qui devra être visé par toutes les autres autorités. Heureusement, la plupart ne sont pas trop éloignées, mais cela nous occupe bien l’essentiel de la journée. Il y a la quarantaine, à qui il faut de nouveau graisser la patte. Les officiels de la douane, eux, sont adorables et honnêtes, mais ils doivent venir inspecter le bateau avant le départ et rendez-vous est donc pris pour le milieu d’après-midi. Puis il y a la marine militaire, qui est paradoxalement située à l’intérieur des terres, et il nous faut donc faire un aller-retour en taxi. Enfin, il y a l’immigration, qui accepte de tamponner notre document pour que l’on puisse terminer nos formalités, mais pas nos passeports, cela ne pouvant être fait que le jour-même du départ, nous imposant donc d’y revenir le lendemain. Avec notre formulaire décoré de ses multiples tampons, nous nous rendons une nouvelle fois chez le harbourmaster, prêts à obtenir notre sésame. Mais comme nous sommes mouillés à Serangan et non pas à Benoa, il faut en fait nous rendre chez le harbourmaster de Serangan, que l’on a un peu de mal à trouver, mais qui nous délivre enfin la clearance officielle, contre un bakchich important, évidemment. Après être retournés à bord pour accueillir les douaniers, avec qui nous passons même un moment convivial, nous décidons de mettre à profit notre dernière soirée en Indonésie.

Nous sautons dans un énième taxi pour nous rendre dans le coin sud-ouest de l’île, à Uluwatu, où se trouve le Pura Luhur Ulu Watu, un temple assis sur une falaise surplombant l’Océan Indien. La vue y est magnifique, même si l’on se retrouve dans une cohue monumentale. Et puis surtout, nous allons y assister à un spectacle de danse balinaise, parfois difficile pour nos goûts occidentaux, mais toutefois terriblement intéressant tant il nous révèle la richesse de la culture balinaise, dont on peut craindre la prochaine mort par asphyxie touristique. L’autre expérience du soir sera celle des transports. Nous avions déjà réalisé, lors de nos diverses expéditions en taxi, à quel point la circulation était cauchemardesque, mais nous avons véritablement pris la mesure du désastre ce soir-là. A l’aller, une heure et demi de bouchons pour faire 30km. Au retour, l’unique compagnie de taxi sérieuse (Bluebird) qui refuse de nous envoyer un taxi sur place, visiblement à cause d’un découpage par zone un peu mafieux, et nous voilà donc « naufragés » dans la nuit sans moyen de regagner le bord. Heureusement, nous sommes plusieurs dans ce cas, et on parvient à obtenir une voiture que nous partageons avec trois backpackers pour retourner vers Kuta, le centre hyper touristique de l’île. Pour se remettre de nos aventures, on en profite pour s’offrir un dernier dîner indonésien, avant de rentrer.

Le 19 août, cela fait 60 jours que nous sommes arrivés en Indonésie, notre visa arrive donc à expiration, et ce sera le jour du départ. Nous passons donc encore au bureau d’immigration pour obtenir les tampons dans nos passeports, puis nous faisons encore une dernière tournée chez Carrefour, pour y reprendre quelques produits que nous avons appréciés, des fruits et légumes frais, ainsi que du pain frais lui aussi. Enfin, de retour à bord, nous relevons le mouillage, contents que Fleur de Sel puisse sortir de ce qui s’apparente tout de même à un dépotoir. Et pourtant, j’exagère sans doute, l’ancre sort de l’eau avec « seulement » deux sacs plastiques dessus… Mais la ligne de flottaison est bien marquée d’une belle ligne crasseuse. Quelques centaines de mètres après la sortie de la passe, nous atteignons la limite des eaux côtières et des eaux du courant dans le détroit, et la couleur passe du marron au bleu, tandis que nous embarquons sur un tapis roulant portant au sud. Le vent, lui, souffle bien fort du sud-est, et la petite dizaine de milles à faire avant de dégager la pointe sud-est de Bali se fait donc dans une mer bien agitée, mais à grande vitesse (7 nœuds au près, merci le courant !) Nous passons non loin du Pura Bias Tugal, un temple installé sur une presqu’île et visible de loin grâce à ses deux grandes statues monumentales. Enfin, nous prenons progressivement de la distance par rapport à l’île, le rivage n’étant alors plus qu’une succession de complexes hôteliers. Et enfin, la côte s’estompe dans la pénombre, seule subsistant le halo des lumières dans la nuit tombante.

2 commentaires

  1. Elisabeth et Jean Paul écrit :

    C’est toujours avec grand plaisir et beaucoup d’intérêt que nous recevons, lisons et conservons (depuis votre départ) votre journal de bord.
    A Bali, vous auriez pu rencontrer notre petite fille Flora (fille de notre fils Xavier) qui a passé une quinzaine de jours dans cette île réputée paradisiaque!!!!
    Nous vous souhaitons bon vent pour la fin de la traversée de l’océan indien et attendons votre prochain récit.
    Bien affectueusement.

    16 septembre 2016, 20 h 17 min
  2. Nicolas

    Nicolas écrit :

    Je note que Le Temps publie ce jour, justement, un article intéressant qui vous donnera la mesure de l’éruption du Tambora. A lire sur https://www.letemps.ch/culture/2016/10/07/modernite-jaillit-dun-volcan-eruption

    7 octobre 2016, 18 h 33 min

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