Après avoir commencé à travailler, et donc décidé de nous installer, il a fallu entamer de nouvelles recherches. Car il est difficile de vivre à Nouméa sans voiture, même si l’on est situé en centre-ville et que l’on peut aller au bureau à pied. Rien que pour les courses, trouver une voiture fait sens, car d’une part on est vite limités à ce qu’on peut porter, d’autre part, on est également borné aux supermarchés les plus proches, et enfin cela évite d’emprunter la voiture de quelqu’un d’autre lorsqu’on doit faire un plus gros plein. De plus, pour sortir de Nouméa, et même s’il existe quelques liaisons par bus, la plupart des endroits sont inaccessibles sans son propre moyen de transport. Nous avons donc commencé notre recherche…

Nous avons écumé les sites d’annonces, vu et essayé beaucoup de voitures (une dizaine au moins), sollicité les conseils de quelques personnes. Plusieurs fois nous sommes passés pas loin de conclure pour des voitures qui nous paraissaient bien. Celles qui l’étaient réellement nous ont filé sous le nez, trop lents que nous étions à nous décider. Pour d’autres, nous avons failli signer, découvrant en dernière minute un défaut rédhibitoire, que le propriétaire avait omis de mentionner. Comme sur ce Renault Scenic bien sous tous rapports, et dont il manquait en fait le plancher-support de roue de secours sous le coffre, arraché par on ne sait quelle collision – ça met en confiance sur les autres choses qui pourraient avoir été dissimulées…

Un Renault Scenic : vous vous étonnerez peut-être de nous voir chercher une voiture si grande. Non, la famille ne s’est pas subitement agrandie de trois chérubins. Mais le marché calédonien a ceci de spécial que les petites voitures à petit budget sont si recherchées qu’elles n’en sont plus à petit budget ! Alors quitte à débourser une coquette somme, autant avoir une routière un peu plus grosse pour un prix à peine supérieur. Alors nous avons regardé un peu toutes les voitures d’occasion à prix raisonnable – sachant que raisonnable sur le marché calédonien signifie sensiblement plus que sur les marchés « normaux » (+30-50%).

Il vaut mieux une voiture simple, sans trop d’électronique qui ne supporte pas bien l’humidité tropicale, et ne pas faire trop attention à la carrosserie, qui est souvent imparfaite en Nouvelle-Calédonie – non seulement en raison des petits vandalismes, accrochages et autres incidents, mais aussi à cause des peintures qui ne supportent pas beaucoup la violence du soleil.

Finalement, nous avons trouvé une Twingo II vert-vanille, relativement récente, bien entretenue, dont le contrôle technique était presque parfait. En plus la carrosserie était en bien meilleur état que tant d’autres. Alors en route ! Et c’est ainsi que nous avons fait l’acquisition de celle que nous appelons maintenant « Miss Twinguette » ! Le plus difficile était fait, à nous les courses faciles et les virées le week-end ! Du moins le pensions-nous…

Miss Twinguette 2013 !

Miss Twinguette 2013 !

L’immatriculation se fit sans trop de soucis, il a simplement fallu qu’Heidi passe du temps à la DITTT, la Direction des Infrastructures, de la Topographie et des Transports Terrestres. Mais pour assurer Miss Twinguette, ce fut une autre paire de manches ! A priori rien de très compliqué, nous souhaitions une assurance responsabilité civile. Mais voilà, nous avons quitté l’Europe il y a plus de 3 ans, vous le savez, et nous n’avons évidemment plus de voiture depuis 2009…

Impossible pour un assureur de nous proposer un contrat sans nous faire repartir à zéro en ce qui concerne le système français du bonus-malus. Bref, nous sommes considérés comme jeunes conducteurs et avec cette la surprime associée, cela nous impose de payer chaque année près de 25% de la valeur de la voiture ! Et ce, seulement chez deux assureurs (AGPM et GAN), les autres nous proposant des tarifs délirants, ne voulant souvent même pas entendre parler de notre cas et certains étant même d’un désagréable notoire.

En justifiant de deux ans d’assurance par le passé, nous parvenons à obtenir simplement le statut de conducteur sans antécédent d’assurance, donc sans surprime, et nous voilà donc à contacter nos précédentes compagnies d’assurance. C’est déjà un moindre mal. Ouf, nous y sommes presque… mais pas tout à fait.

En effet, nos permis de conduire proviennent (logiquement) de notre dernier pays de résidence – la Suisse. Mais le système informatique ne permet pas de prendre en compte autre chose qu’un numéro de permis français ! Il est évident que nous changerons nos permis pour des permis calédoniens, comme la loi nous l’impose dans un délai de un an. Mais nous voici donc à chercher comment procéder de manière accélérée. Il nous faut authentifier les permis suisses, ce que le Service des Automobiles et de la Navigation vaudois nous permet de faire illico à distance, une fois les émoluments réglés : ah, la belle administration suisse, si efficace !

Et puis le miracle se produit, car après vérification avec la métropole, l’AGPM accepte de nous assurer avec nos permis suisses, à un tarif raisonnable, si bien qu’au bout de 15 jours de démarches par Heidi, nous pouvons enfin rouler avec Miss Twinguette ! Leader Price nous voilà, Carrefour prépare-toi ! Sans parler de pouvoir aller dîner chez de amis le soir. Bref, vous qui nous disiez parfois « Quelle aventure ! » à la vue de notre vie de navigateurs, ; eh bien nous nous sommes un peu dit « Quelle aventure ! » lorsqu’il s’agit de reprendre la vie de terriens… Même s’il est vrai que c’est un plaisir d’avoir enfin une voiture, nous qui étions habitués, en escale, à nous déplacer à pied ou en bus (voire exceptionnellement en taxi).

En revanche, une bonne leçon pour l’avenir en ce qui nous concerne, et peut-être aussi pour d’autres qui pensent faire comme nous. Autant il y a beaucoup de choses que nous avons correctement préparées ou anticipées, autant cette fois-ci nous nous sommes fait avoir par le « système », qui est décidément toujours fait pour ceux qui ne déménagent jamais, qui ne changent jamais d’emploi, de situation, de ville, de maison, etc. Car au-delà de deux ou trois ans sans assurance à notre nom, le tarif des assurances repart à zéro. La solution, telle que préconisée par les assureurs eux-mêmes (!), aurait été de nous avoir fait désigner comme conducteurs de la voiture de parents ou d’amis – même si nous ne sommes pas sur place. Un système finalement bête, hypocrite et complexe. Ceci dit, comme beaucoup de choses en France. Mais il paraît que c’est cela la « vraie vie » !

5 commentaires

  1. Anne-Laure écrit :

    Je disais récemment : le séjour prolongé en nouvelle-caledonie sera un entraînement pour le grand retour en Europe. Et bien vous avez passé une belle épreuve :)

    24 août 2013, 11 h 35 min
  2. Nicolas

    Nicolas écrit :

    Eh bien ça ne donne pas envie ! Parce que chaque chose qu’on découvre est une nouvelle usine à gaz… Et encore, le système calédonien est une version simplifiée du système français !

    24 août 2013, 11 h 40 min
  3. Heidi écrit :

    En même temps, ne vous imaginez pas que nous n’avions plus de contact avec ces chères administrations et la paperasse : dans les différents pays où nous avons eu la chance d’accoster, les douanes, immigrations et autres chefs de ports étaient nos « meilleurs amis » depuis 4 ans. Et ce voyage nous a appris la patience, les choses finissent par se faire dans 2 heures, ou 2 mois. Comme ils disent en Guadeloupe, « ça va être possible, mais il faut patienter » (Bon le problème, c’est d’avoir le temps, même pour nous – il faut apprendre à s’organiser en conséquence).
    Accessoirement, on a vécu et travaillé bien plus longtemps à terre que sur notre bateau et il ne faut pas croire, nous ne sommes pas passés par un lavage du cerveau et ne sommes plus si jeunes que ça, ces choses ne s’oublient pas. Il faut juste s’adapter aux différentes logiques, mais pour ce point nous commençons à avoir de l’expérience.
    En tous les cas, d’avoir passé près de 2 ans dans le Pacifique aide à comprendre un certain nombre de choses en Nouvelle-Calédonie. L’adaptation est parfois plus rude pour les gens qui viennent directement d’Europe, même sans être sorti du train-train du travail.

    25 août 2013, 22 h 47 min
  4. montez écrit :

    Chers amis nous vous souhaitons un bom séjour prolongé en Nouvelle Calédonie ! Pour combien de temps ? Quand repasserez vous à Lisbonne ? Maria Santa Montez

    30 août 2013, 22 h 35 min
  5. edith gamard écrit :

    Bonjour, bonsoir …Comment allez-vous ? Viendrez-vous en metropole cette annee ? Rencontrez-vous souvent des bretons ? Nous irons retrouver Sylvain a Saint-Petersbourg cette semaine; Il travaille chez Legrand a Moscou depuis septembre et tout va bien.
    Je ne trouve pas les accents sur ma tablette mais vous saurez survoler ce petit manque…
    Nous vous embrassons et sommes toujours heureux de vous lire,
    Edith et Jacques

    27 avril 2014, 9 h 08 min

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