Voyages de Cook : le premier en rouge, le second en vert, et le troisième en bleu.

Voyages de Cook : le premier en rouge, le second en vert, et le troisième en bleu.

Parmi les marins, c’est le numéro 001. Le nom est Cook, James Cook. Il a tout fait, et tout a été dit de lui. Lapérouse a même admis que Cook ne lui avait plus rien laissé à faire qu’à admirer son travail… Depuis que nous sillonnons le Pacifique Sud, il n’est pas de nom plus universel que celui du célèbre explorateur britannique. On rencontre son nom partout : des baies, des sommets, des villes, un détroit, et même un pays ! Aussi était-il temps de parler de ses journaux, qui sont une lecture inestimable à bord, et d’autant plus faciles d’accès qu’ils sont disponibles librement comme eBook. Voici donc quelques appréciations pour inaugurer cette rubrique sur notre bibliothèque du bord.

Captain Cook’s Journal during his First Voyage Round the World


http://www.gutenberg.org/ebooks/8106

Le journal tenu par Cook pendant son premier voyage (1768-1771), à bord du HMB Endeavour, est un modèle du genre : de forme un peu brute pour le profane, avec ses positions quotidiennes, ses estimations de courant, ses observations de vent, et ses journées nautiques qui commencent à midi et finissent le lendemain à midi. Cependant, ce journal est admirable en soi, car d’une part il relate le premier voyage entrepris de la sorte, avec une préparation minutieuse et une exécution systématique, mais il retranscrit également l’émerveillement des découvertes et les réactions à chaud de l’explorateur. On y perçoit à la fois sa ténacité et son humanité, aussi bien concernant sa mission que face à ses hommes et à ceux qu’il rencontre. Enfin, cette édition de 1893 est annotée de façon admirable par W.J.L. Wharton, qui apporte de nombreux éclaircissements et commentaires qui ajoutent indubitablement au plaisir d’être témoin d’une si extraordinaire aventure : un tour du monde par le Cap Horn, Tahiti, la Nouvelle-Zélande, l’Australie où le bateau manque de sombrer, et retour par Batavia et Le Cap.

A Voyage Towards the South Pole, and Round the World


http://www.gutenberg.org/ebooks/15777 (volume I)
http://www.gutenberg.org/ebooks/15869 (volume II)

Le récit du premier voyage fut un tel succès, malgré son côté parfois spartiate, que le deuxième voyage (1772-1775) a fait l’objet d’un véritable récit mis en forme. On peut parfois regretter la forme du journal quotidien, mais la lecture en est plus fluide de la sorte. Les aventures vécues lors de cette deuxième expédition, menée à bord des HMS Resolution et HMS Adventure, sont toutes aussi passionnantes, avec deux tentatives d’approches de l’Antarctique (à chaque fois Cook est bloqué par la banquise à 30 milles à peine du continent), la découverte de la Nouvelle-Calédonie et de la Géorgie du Sud, une reconnaissance de l’ouest de la Terre de Feu, et des visites multiples en Nouvelle-Zélande, aux Tonga, aux Iles de la Société, ainsi qu’à l’Ile de Pâques et aux Marquises… Le travail accompli est non seulement formidable, mais les descriptions très objectives et sans jugement de valeur de la part de Cook sont inestimables.

Narrative of the Voyages Round the World, Performed by James Cook


http://www.gutenberg.org/ebooks/7777

Cook n’est évidemment pas revenu de son troisième voyage (1776-1780), au cours duquel il est passé aux Kerguelen et en Tasmanie, est repassé en Nouvelle-Zélande, a découvert Hawaï, et exploré systématiquement toute la côte ouest de l’actuel Canada et de l’Alaska. Les découvertes sont là encore incommensurables, mais Cook trouvera la mort dans une escarmouche lors de son retour à Hawaï, et n’a donc ni terminé ni mis en forme son journal. Le récit de l’ensemble des voyages, confié à Andrew Kippis et publié en 1788, a le mérite de rapporter les aventures de cette troisième expédition, aussi bien le trajet fait par Cook que le retour via le Kamtchatka de ses survivants. Mais le récit est à la fois moins précis et beaucoup plus teinté de parti pris et c’est là qu’on prend la mesure de l’homme qu’était Cook, en avance sur son temps et admirable en tout. Assurément on ressent à la lecture de ce troisième opus combien il a laissé un vide en disparaissant tragiquement sur un malentendu.

Bref, vous l’aurez compris, les journaux de Cook sont une lecture indispensable, pour parcourir les eaux pacifiques en connaissance de cause. On ne porte plus le même regard ni sur les îles que l’on visite, ni sur les terres que l’on découvre à son tour, lorsque l’on sait comment le premier les a explorées et comment y vivaient les peuples autochtones.

1 commentaire

  1. Nicolas

    Nicolas écrit :

    Ajout d’une carte Wikipedia pour mieux visualiser l’extraordinaire parcours de James Cook durant ses trois voyages.

    21 mars 2014, 12 h 14 min

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