Année 2012

Le timing est bon : nous jetons l’ancre dans Mercury Cove, et nous sommes le 11 décembre. A peine un ou deux autres bateaux de plaisance et quelques pêcheurs passent la nuit ici, mais d’ici deux semaines, l’endroit grouillera de monde. Tout comme les îles du Hauraki Gulf, celles qui débordent la péninsule du Coromandel sont les destinations les plus prisées par les Aucklanders pour leurs grandes vacances d’été. Mais pour l’instant, nous profitons donc de l’endroit de manière délicieuse et confidentielle. Surpris par la beauté à la fois sauvage et domestiquée de cette île, nous décidons d’y passer une journée supplémentaire. Et le lendemain au réveil, nous admirons cette petite baie paisible et presque complètement fermée, entourée de collines harmonieuses. Et puis soudain, vers midi, nous croyons avoir de la visite.

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Voyages de Cook : le premier en rouge, le second en vert, et le troisième en bleu.
Parmi les marins, c’est le numéro 001. Le nom est Cook, James Cook. Il a tout fait, et tout a été dit de lui. Lapérouse a même admis que Cook ne lui avait plus rien laissé à faire qu’à admirer son travail… Depuis que nous sillonnons le Pacifique Sud, il n’est pas de nom plus universel que celui du célèbre explorateur britannique. On rencontre son nom partout : des baies, des sommets, des villes, un détroit, et même un pays ! Aussi était-il temps de parler de ses journaux, qui sont une lecture inestimable à bord, et d’autant plus faciles d’accès qu’ils sont disponibles librement comme eBook. Voici donc quelques appréciations pour inaugurer cette rubrique sur notre bibliothèque du bord.

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Il a crachiné une bonne partie de l’après-midi, le vent a été bien plus mou que prévu, et c’est donc après la tombée du jour que nous atteignons notre mouillage. Dans le crépuscule finissant, nous avons à peine deviné la silhouette volcanique de Rangitoto, devant laquelle nous venons mouiller. Il s’agit du volcan le plus récent de la région d’Auckland, qui en compte bien une soixantaine. C’est il y a 600 ans seulement qu’a émergé de l’eau ce cône aplati, jouxtant l’île voisine de Motutapu, si bien que nous sommes maintenant particulièrement protégés du vent de nord qui se lève enfin. Le lendemain matin, par un temps bien bouché, ça souffle même fraîchement, mais nous nous élançons tout de même pour une courte navigation au portant. Ferrys rapides, cargos, même un voilier ou deux, il y a de la circulation dans le Waitemata Harbour – le grand bras de mer protégé qui baigne Auckland au nord-est. Il faut dire que la plus grande ville de Nouvelle-Zélande est aussi baignée au sud-ouest, du côté Mer de Tasman, par un autre grand havre, le Manukau Harbour, mais nettement moins accessible que le fond du Hauraki Gulf où nous nous trouvons actuellement. Fleur de Sel atteint un véritable paradis pour la navigation, constellé d’îles, aux brises tantôt capricieuses, tantôt musclées, et qui évoque chez chaque voileux des souvenirs de Coupe de l’America…

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Il faut croire que nous avons mal choisi le moment de notre départ de la Bay of Islands. Dès notre première relâche, dans la baie de Whangamumu, le vent en profite pour tourner au sud-est, et la pluie pour s’abattre sur tout le Northland. Il faut dire que l’extrémité nord du pays est vraiment sujette à un climat subtropical – et nous avons pu constater à quel point la végétation naturelle y est luxuriante – tant et si bien que les Kiwis la surnomment « the winterless North ». Et alors que le printemps est déjà bien avancé, pas de chance, nous subissons les effets de bord d’une jolie dépression tropicale tandis que le reste du pays est sous le soleil… Rageant, et le surlendemain nous profitons que la météo annonce une accalmie du vent contraire pour essayer de trouver le salut dans la fuite vers le sud.

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Un océan de possibilités s’offre à nous. Maintenant que nous sommes arrivés en Nouvelle-Zélande, il nous faut envisager l’avenir sous un œil différent. Jusqu’ici nos efforts s’étaient concentrés vers le fait d’atteindre Opua, le port d’entrée le plus au nord du pays, au fond de la Bay of Islands. Désormais, qu’allons-nous faire ? Quand, comment ? Ce sont les questions qui viennent doucement se glisser dans notre esprit tandis que nous sombrons dans un long sommeil récupérateur. Cette traversée n’aura pas été de tout repos, surtout durant les trois jours où nous avons fait « usage », peut-être de façon un peu cavalière, d’une dépression quasi-stationnaire, pour gagner au sud-est. Mais au final, nous sommes contents d’avoir atteint la Nouvelle-Zélande sans autre encombre qu’un inconfort passager.

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La journée a commencé tôt : le vent a soufflé fort cette nuit et depuis qu’il a tourné vers le S, la Baie de Kanuméra où nous sommes mouillés n’est plus aussi bien protégée. Encore un coup d’œil (prolongé) aux prévisions météo et notre décision de la veille est confirmée. On se lance. Il faut se motiver pour partir alors qu’on voit la houle briser avec vigueur sur le récif et qu’on n’a pas beaucoup fermé l’œil de la nuit… Derniers rangements, nettoyage, cuisine pour préparer quelques plats d’avance. Dégonflage de l’annexe et rangement du moteur hors-bord, une petite sieste, un dernier bain et une bonne toilette. En milieu d’après-midi, juste après l’arrivée du dernier fichier GRIB, on lève l’ancre, exactement deux mois après être arrivés en Nouvelle-Calédonie.

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Il y a mille et un trésors à découvrir le long de la soixantaine de milles qui séparent l’Ile des Pins de Nouméa. Et comme la météo ne semble pas nous donner de signes nous intimant de nous presser à partir pour la Nouvelle-Zélande, nous profitons des conditions idylliques pour traîner en chemin. L’ambiance est un peu à la fin des grandes vacances, et nous en profitons donc encore au maximum pendant les derniers jours de notre séjour calédonien. Notre premier arrêt sera en Baie du Prony, que nous atteignons après une quarantaine de milles de portant dans un lagon animé par un vent juste suffisant pour nous pousser, sans trop nous secouer. En fin de journée, nous franchissons donc la passe qui nous fait entrer dans cette gigantesque baie du sud de la Grande Terre. On y trouve de tout : aussi bien un grand complexe minier où viennent charger les cargos que des parcs naturels qui protègent la flore et la faune terrestres et marines.

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Tant qu’à avoir gagné au vent, nous atterrissons à l’Ile des Pins directement sur la côte est – celle exposée aux alizés. Il est 6h lorsque nous approchons des récifs qui gardent l’entrée de la Baie d’Oro, mais j’attends encore un peu avant de tirer Heidi du lit, car elle m’a repassé le quart peu de temps auparavant. Ca laissera aussi le temps au soleil de monter, histoire d’avoir une lumière un peu meilleure pour entrer dans cette baie très vaguement hydrographiée. Je me fais d’ailleurs quelques frayeurs en tournant en rond pendant ce temps, puisque par endroits, les fonds remontent sans crier gare de 25m à 3m ! Ca donne toujours des hauts-le-cœur d’avoir du corail visible très distinctement juste sous la coque (mais bien-sûr invisible à distance…)

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Vaste sujet que celui des formalités, lorsqu’on voyage en bateau. Et sujet d’autant plus critique qu’aujourd’hui, dans la plupart des pays, les contrôles sont plus fréquents partout, et les frais sont en éternelle hausse, car les voiliers sont perçus comme une source de revenus pour l’état visité. D’une part pour minimiser les coûts, mais aussi les éventuels ennuis, il faut donc s’informer à l’avance et savoir comment procéder. Explications pour ceux d’entre vous qui envisagent le grand départ, mais aussi pour vous tous qui nous suivez et qui pouvez ainsi vous faire une idée de cet aspect de notre voyage.

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Archipel des Tonga
Alors que nous sommes de retour à Nouméa et dans l’attente d’une météo favorable pour voguer vers la Nouvelle-Zélande, il faut signaler qu’il y a du nouveau sur notre site !

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Etrangement, rapidement après être arrivés en Nouvelle-Calédonie, nous nous sommes précipités dans les îles. La Grande-Terre en est une, assurément, mais vu ses dimensions elle prendrait presque des allures de continent, surtout pour nous qui naviguons dans le Pacifique depuis plus d’un an maintenant. La Grande-Terre, plus longue que la Suisse ou la Belgique, est de très loin la plus grande île que nous avons vue depuis que nous avons quitté les côtes chiliennes… Faut-il y voir quelque besoin inconscient de renouer avec ce qui nous est devenu familier, c’est possible. Mais c’est surtout pour découvrir quelques petits bijoux que nous avons décidé de faire un tour aux Iles Loyauté et à l’Ile des Pins.

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Le beaucoup plus local Mwâ Ka
Pour faire l’entrée dans le pays, nous avons mis Fleur de Sel à quai, à Port-Moselle. C’est d’abord basés là que nous allons découvrir (très rapidement) le centre-ville de Nouméa. Celui-ci est relativement compact, contrairement au reste de la ville qui s’étend loin et qui est donc hors-limites pour des piétons comme nous. Evidemment, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire la comparaison avec Papeete, l’autre grande ville française du Pacifique, non pas pour noter les ressemblances mais bien les différences. Contrairement à la capitale tahitienne, où l’on n’oublie jamais qu’on est en Polynésie, à Nouméa il règne plutôt une atmosphère de France méditerranéenne. On la surnomme « Nouméa la blanche », et c’est vrai que les descendants d’Européens y sont très nombreux. En rentrant dans une boulangerie, on pourrait en un instant se croire transporté à St-Genis ou à Auray. Baguettes, pains de campagne, pains aux raisins et autres pâtisseries sont strictement identiques à celles qui existent en « métropole », et disposées vraiment pareil.

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