Un nouvel arrivant est mouillé à Rikitea lorsque nous y arrivons de retour d’Akamaru et des motus. Mais il nous faudra plusieurs jours pour rencontrer ses occupants tant notre emploi du temps sera chargé. A peine avons-nous mouillé qu’Hélène et Tepano passent nous proposer une virée sur les motus pour le lendemain. Tôt ce dimanche-là, nous voilà donc en route, filant 20 nœuds à travers le lagon. Et c’est sur les coups de 9 heures environ que nous arrivons sur Kouaku, une centaine de mètres de large à peine pour 1km de long. Pas question de traîner, nous avons du travail, et chacun s’y attelle sans délai.

Il s’agit de ramasser des pupu (prononcer « poupou »), de jolis coquillages clairs mesurant 5mm environ, et éparpillés dans le sable. Le soleil est déjà haut et ça tape dur, c’est pour cela qu’on s’active maintenant avant qu’il ne fasse encore plus chaud. Parfois on a de la chance et ils se trouvent à l’ombre d’une branche, mais sinon il faut faire face à la blancheur aveuglante du sable fin. Tepano part ratisser jusqu’au bout de l’île et je le rejoins  doucement en avançant à mon rythme. Heidi œuvre non loin de notre point de débarquement, mais face à nous trois l’incontestable vainqueur est Hélène qui aura collecté un peu plus de pupu que Tepano, et bien plus qu’Heidi et moi. Malgré tout, il parait que pour des débutants, nous nous en tirons plutôt bien.

Une fois le soleil bien haut, il est temps de se mettre à l’ombre et de profiter d’un bon pique-nique dominical entre cocotiers, pandanus et autres arbres dont le nom nous échappe. La sieste est également inscrite au programme, ainsi que la baignade au cours de laquelle Tepano nettoie la coque de sa « Tepanette ». Et puis, le soleil modérant son ardeur, on se remet en quête de pupu. La récolte aura été bonne, mais vous vous demandez certainement : pour quoi faire ? Non, on ne mange pas les pupu, ils sont bien trop petits. Mais on en fait de jolies couronnes, et c’est une des traditions de l’accueil mangarevien que d’en offrir à ses hôtes.

Le lendemain, pas le temps de souffler : Tepano nous emmène cette fois-ci pêcher les « sept doigts », ce gros coquillage connu sous le nom de lambis. Les outils de travail sont maintenant les palmes, masque et tuba. Il a une commande de cinquante pièces, et nous voilà donc dans l’eau, surplombant des fonds sablonneux à 4-5m de profondeur environ, à tenter de les discerner. Le plus difficile est de repérer le premier, bien dissimulé tel un caillou ou un débris de corail. Mais les sept doigts trahissent sa présence et une petite apnée permet de ramener en surface le gastéropode. Cela dit, alors que Tepano remontera sa cinquantaine d’animaux, nous n’en trouverons même pas dix…

La séance de pêche est suivie d’une excursion sur la plage, armés d’un maillet pour briser les superbes coquilles géantes. Puis il faut encore les décortiquer dans le sable avant de rembarquer tout ce petit monde. Après ces deux journées faisant suite à trois autres passées dans les motus et en plongée, inutile d’évoquer l’overdose de soleil. C’est que pendant cette période il a fait drôlement beau et chaud.

Après cette journée passée en compagnie de Tepano, c’est au tour d’Hélène de nous prendre en charge un petit moment le lendemain : nous visitons la ferme perlière dans laquelle elle travaille. Nettoyage des nacres, empaquetage dans les filets, et j’en passe : il y a beaucoup d’étapes dans le cycle de production des perles. Nous passons ensuite à la démonstration de la greffe, c’est impressionnant de précision et de rapidité. Enfin, après la récolte, certaines ouvrières trient les perles en vue de leur commercialisation.

Finalement, le retour au village aura véritablement été mené à un rythme effréné, et il est temps de déconnecter un peu. Cap sur Taravai (on prononce « Taravaille »).

Carte de nos explorations mangaréviennes

Nous étions déjà venus chez Denise et Edouard, mais cette fois-ci Fleur de Sel nous accompagne et nous mouillons au sud de l’île, protégés par l’îlot Agakauitai (je vous laisse vous essayer à la prononciation) et par le récif qui joint l’une à l’autre. Le cadre est superbe car les sommets de Taravai lui confèrent un aspect paradoxalement dramatique et serein à la fois. Dès notre arrivée, nous achetons quelques tomates à Denise et Edouard nous coupe un cœur de palmier. Vu la taille de la pièce (c’est le tronc entier d’un jeune cocotier !), nous en mangeons dans les jours suivants mais nous en faisons aussi plusieurs bocaux dans le vinaigre.

Heidi profite d’une journée enfin un peu ventée et plus fraîche pour s’attaquer à un travail de menuiserie : la réalisation d’un support pour nos placards à vêtements. C’est un travail qui lui demandera l’essentiel de la journée, mais à la fin elle peut enfin s’exclamer, non sans raison, « c’est droit ! » Il faut dire que depuis 18 mois, nos placards étaient plus ou moins calés, mais n’étant pas fixés, le roulis ou la gite avaient vite fait de leur rendre un peu de liberté. Plus maintenant ! (enfin, Heidi précise que le véritable test reste à venir)

Le lendemain, nous sommes invités à déjeuner chez Edouard et Denise, et nous nous régalons d’un merveilleux canard élevé à la coco. Un délice ! Sans doute Tevaite, leur petite-fille, ne peut-elle pas encore réaliser notre émerveillement et le plaisir que nous avons à déguster un canard, chose qui ne nous est pas arrivée depuis que nous avons quitté l’Europe. Aïe aïe aïe, nous réalisons doucement le piège dans lequel nous sommes tombés : aux Gambier on se fait offrir sans cesse à manger, et nous passons notre temps aussi bien à cuisiner les produits frais qu’on nous apporte qu’à pâtisser quelques gâteaux ou biscuits (pour remercier les donateurs, mais on finit évidement par tout manger ensemble !) En plus le régime à base de coco n’est pas connu pour être dénuée de lipides, et ce doit être l’effet du séchage au vent et au soleil, mais les shorts rétrécissent… :-)

Le temps file, si bien que les journées se succèdent sans que nous réalisions combien de temps nous passons à Taravai. Trop peu, en tout état de cause. Mais il nous faut déjà songer à la suite du programme, si bien qu’il nous faudra sans trop tarder rentrer à Rikitea. Auparavant, nous souhaitons encore rendre l’invitation à Edouard et Denise à bord de Fleur de Sel. Heidi a la satisfaction d’apprendre à Denise une recette à base de coco, celle du manjar de coco brésilien, qu’Edouard semble apprécier particulièrement.

L’ingrédient est en fait le lait de coco, que nous apprenons à presser nous-mêmes. Pour ce faire il faut fendre la coco à la machette (après avoir éventuellement récupéré l’eau de coco, à boire) et le mieux est ensuite d’utiliser une râpe à coco. Edouard et Denise nous prêtent l’ustensile et nous enseignent la technique. Inutile de préciser qu’avant de partir, nous nous faisons gâter en légumes : aubergines, potiron et tomates, il y en a bien plus qu’il ne nous en faut. Merci Edouard et Denise, nous garderons un souvenir ému de la petite baie de Taravai, pas seulement pour sa bonne protection du vent et de la houle, mais surtout pour la chaleur de ses habitants.

4 commentaires

  1. anne-laure écrit :

    ouh lala ça fait envie !!!! ici ça y est il fait humide, froid et la rentrée est bien consommée !! heureusement que vos récits ensoleillés nous font parvenir de beaux rayons de soleil. et la coco !

    9 octobre 2011, 10 h 21 min
  2. Bruno et Helgard écrit :

    Nous avons admiré la neige sur les montagnes ce matin.
    Meilleures pensées,
    Helgard et Bruno

    9 octobre 2011, 19 h 42 min
  3. Tomtom et Clairette écrit :

    Vous connaissiez déjà la gentillesse d’Hélène et Tepano, vous voilà pris au piège de celle d’Edouard et Denise… Attention, bientôt dans vos prochaines escales vous allez parler comme nos amis anglais : « we had a nearly Denise and Eduard experience » !! Denise et Edouard en standard mondial de l’accueil des navigateurs ;)
    Bonne digestion, faute de coco en NZ nous on est passés au fish’n chips !

    9 octobre 2011, 20 h 37 min
  4. levitra on line écrit :

    That’s not just logic. That’s really sensible.

    12 février 2015, 13 h 34 min

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