Le vertige andin de Fleur de Sel a commencé dès la sortie du Détroit de Magellan, aidé il est vrai par un temps incroyable !

Le vertige andin de Fleur de Sel a commencé dès la sortie du Détroit de Magellan, aidé il est vrai par un temps incroyable !

Bernardo O’Higgins et José de San Martin, les deux héros de l’indépendance chilienne et argentine, l’ont fait en leur temps. Pour avoir franchi les Andes un peu comme un Hannibal ou un Napoléon sud-américain, ils sont encore vénérés aujourd’hui des deux côtés de la cordillère. Un peu plus au sud, et surtout de manière bien moins épique, Fleur de Sel a aussi connu son moment de vertige andin, elle qui par la suite sera cantonnée à une navigation au pied du plus long relief du monde. Car le beau temps dont nous avions profité en longeant le détroit de Magellan rendait bien évident le fait que sur notre tribord, les montagnes étaient là, toujours en encore. En approchant de l’embouchure du Canal Smyth, une énorme calotte glaciaire scintille d’ailleurs dans le soleil déclinant.

Les lumières des hautes latitudes sont malheureusement rares en raison du temps souvent bouché

Les lumières des hautes latitudes sont malheureusement rares en raison du temps souvent bouché

Après le passage d’un court front peu actif en soirée, la journée du lendemain est de nouveau resplendissante, chose inhabituelle, surtout que c’est la troisième de rang, et le vent souffle modérément d’ouest, y compris dans les canaux, ce qui nous vaut une journée en grande partie à la voile seule ! Décidément il se passe quelque chose d’exceptionnel. Nous en profitons donc pour franchir successivement le Paso Shoal et le Paso Summer, des rétrécissements parsemés d’îles qui jalonnent le canal de temps à autre. Le Monte Burney, géant majestueux culminant seulement à 1’500 ou 1’600 mètres, s’offre à nous successivement sous tous les angles, drapé de glaciers sur chaque flanc. Finalement, après étude de la météo toujours clémente et du chemin à faire, nous décidons de pousser jusqu’à la Caleta Victoria, à peu près située à un carrefour important. Evidemment, cela on ne le sait que lorsqu’on a une carte sous les yeux, car dans ce dédale patagonien, ce canal qui part sur la droite parait sinon identique tout au moins très similaire à tel autre qui part sur la gauche ou sur notre avant.

La digression vers l’est que nous nous apprêtons à faire, nous l’avons déjà décidée auparavant. Puerto Natales, deuxième ville du sud chilien après la grande Punta Arenas, se trouve au fond de cet énorme cul-de-sac que l’on nomme la région de Ultima Esperanza, le dernier espoir. Ce sera pour nous l’occasion d’y ravitailler en vivres frais, et en gazole. Mais ce qui nous y attire c’est aussi l’espoir de pouvoir visiter le célèbre parc de Torres del Paine, dont la bourgade est proche. Mais avant d’y arriver, le temps nous promet encore deux jours de vent faibles, dont le permier s’avèrera être couvert et le deuxième ensoleillé. Une gigantesque saignée nord-sud de 30 milles de long court sur le flanc est de la Cordillera Sarmiento. C’est l’Estero de las Montañas, très peu fréquenté et magnifique.

Les patos vapor semblent aimer la vie de couple, ce qui donne lieu à de beaux "duels de vitesse" !

Les patos vapor semblent aimer la vie de couple, ce qui donne lieu à de beaux "duels de vitesse" !

Comme nous sommes joueurs (et curieux !), il n’en faut pas plus pour nous mettre l’eau à la bouche. L’exploration de ce long fjord nous révèle pas moins de 5 glaciers qui s’y précipitent tels des torrents de glace plongeant vers la mer du haut de la chaîne andine qui fait plus de 2’000m à cet endroit. Contrairement aux longues vallées transversales que nous avions explorées dans le Beagle, les fleuves de glaces ne coulent pas ici en pente douce. On dirait plutôt d’immenses cascades de glaces, qui viennent habiller un paysage de haute montagne innondé par la mer. Fleur de Sel passe à une trentaine de mètres de leurs moraines à fleur d’eau et parsemées d’immenses blocs erratiques. Derrière on aperçoit les géants de glace sculptés par leur eau de fonte et par la mer. L’un dévoile une énorme caverne, l’autre des séracs hérissés vers le ciel. Un troisième innonde le fjord de petits blocs de glace.

Dans l'Estéro de las Montañas, nous verrons une quantité phénoménale d'oiseaux évoluer dans des décors mi-marins mi-montagnards. Superbe !

Dans l'Estéro de las Montañas, nous verrons une quantité phénoménale d'oiseaux évoluer dans des décors mi-marins mi-montagnards. Superbe !

Et dans cet environnement vierge où nous ne croiserons qu’un bateau de pêche – ils viennent ramasser ici des coquilles St-Jacques – s’amusent quantité de cormorans impériaux, de cormorans de Magellan et de pato vapor. Ce sont des canards qui ne savent pas voler, mai qui se déplacent avec leurs ailes tout de même. Ils les agitent dans l’eau telles des roues à aube, fuyant à grande vitesse d’une façon très amusante. Le jour commençant à décliner, alors que nous ne nous lassons pas d’admirer un géant de glace après l’autre, nous faisons tout de même demi-tour pour revenir à la Caleta Mist, quelques milles en aval. Cette mini crique dotée d’une petite plage herbeuse et surtout de grands arbres pour nous protéger du vent sera notre abri pour une nuit.

Au lever du jour le lendemain, le soleil brille, et nous partons donc en expédition, mais en annexe cette fois. Nous la chargeons de bidons et de seaux vides, et nous voici en route vers un glacier. Il faut d’abord passer la moraine toute proche, et très peu profonde même à marée haute. Il y a du courant, et l’eau glaciaire est d’un vert très opaque. On voit les écueils au dernier moment, c’est un peu stressant, mais nous voici finalement dedans. Le glacier vers lequel on se dirige est le seul de l’Estero de las Montañas à avoir créé un véritable fjord transversal, long de plus d’un mille et demi. La lumière est superbe, et il nous semble presque qu’on réveille les oiseaux au fur et à mesure que l’on progresse dans l’entaille. Nous ne savons plus où donner de la tête. Les cormorans, les glaciers, les canards, les cascades, les icebergs, quelques otaries même, chacun attire notre oeil avant qu’un autre s’en empare à son tour.

La récolte fut bonne !

La récolte fut bonne !

Arrivés au bout, nous accostons d’abord au pied d’une belle cascade d’eau limpide pour remplir quelques bidons. Ensuite, nous voici à l’assaut du glacier, immédiatement à ses pieds pour lui dérober quelques glaçons dont il n’aura plus l’usage, puisqu’il s’apprête à les jeter à la mer. Et puis après un dernier coup d’oeil, nous nous éloignons, en repassant au milieu de nos vapeurs du Mississipi qu’un pékinois laquerait certainement. Quelles visions ! Décidément, nous avons de la chance de pouvoir approcher ces glaciers, car tous les gens de Puerto Natales à qui nous en parlerons nous diront qu’ils n’ont jamais eu l’occasion d’aller dans cette région. C’est qu’il ne faut pas l’oublier, ils ont beau être innondés par la mer, nous sommes dans les hauts cols des Andes, et rares sont ceux qui ont le privilège qu’à la fois la mer et la montagne les laisse passer.

Il ne nous reste plus que 24 heures avant de devoir être à l’abri, et nous ne trainons donc pas. Redescente de notre entaille somptueuse, pour passer le Paso Morla Vicuña. Ce goulet sépare deux péninsules entaillées de nombreux fjords, et il faudrait faire plus de 300km par la terre pour aller d’une rive à l’autre ! Une alternative s’offre ensuite au navigateur en route pour Puerto Natales. Nous optons pour le Canal Santa-Maria et l’Angostura White à l’aller, réputés plus spectaculaires que l’Angostura Kirke, que nous garderons pour le retour. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, et nous admirons donc les superbes Cerros La Paz qui trônent au-dessus du canal. On se sent déjà dans un autre monde. Même pendant le coup de vent du lendemain, qui nous procurera de bonnes rafales dévalant les pentes des Andes, il pleuvra qu’un peu, tout juste assez pour faire remonter le niveau des réservoirs. En approchant de Puerto Natales, nous avons la surprise de voir un horizon est complètement dégagé ou presque. Le domaine de la steppe patagone et des immenses estancias commence ici. Les Andes sont bel et bien derrière nous, et bien que nous soyons en Patagonie, quelque chose a changé. La végétation ressemble à celle que nous avons connue côté argentin, mais l’Ultima Esperanza est reliée au Pacifique. La frontière argentine n’est qu’à 15km, mais tout ici porte un nom chilien.

Un petit air de Jura et de Lac Léman, en plus aride : ce sont les pré-Andes, à Puerto Natales, sur le versant argentin du Chili

Un petit air de Jura et de Lac Léman, en plus aride : ce sont les pré-Andes, à Puerto Natales, sur le versant argentin du Chili

Dès notre débarquement à Puerto Natales, nous pouvons le constater : Bulnes, Prat, Montt, O’Higgins, Varas ou Sarmiento, rien à voir avec les Viedma, Moreno, San Martín, Alem ou autre Mitre typiques de l’Argentine. Mais on ne peut s’empêcher de penser, après avoir vu la « vraie » Patagonie chilienne, celle au vent des Andes, qu’on serait ici du côté naturellement argentin. Nous ne restons que moins de deux heures à terre, le temps d’aller faire nos formalités au bureau de l’Armada, et de faire une razzia de produits frais au supermarché. A notre retour, le célèbre vent de nord-ouest de l’Ultima Esperanza s’est levé en un tournemain et il nous faut déguerpir juste de l’autre côté du détroit, où nous nous ferons malgré tout bien secouer. Problème cependant : notre guindeau fait des siennes, car le filetage d’une pièce en bronze a lâché, et il nous faut donc remonter le mouillage à la main. Voici un problème qu’il va nous falloir réparer urgement. Heureusement que nous allons avoir un tourneur sous la main, car la même avarie dans les canaux nous aurait poussés dans les retranchements de notre imagination pour essayer de trouver une solution. Murphy a choisi le bon endroit pour frapper !

L'Estancia Eberhardt, c'est l'exemple type de la Pampa chilienne

L'Estancia Eberhardt, c'est l'exemple type de la Pampa chilienne

Il nous reste des choses à faire en ville : renseignements touristiques à obtenir, recherche d’un tourneur, accès à Internet, nouveaux achats au supermarché, retraits d’argent, etc. C’est donc en annexe que nous refranchissons le détroit le lendemain, car coup de chance le vent est maniable. Nous savons qu’il peut en être autrement, et dès le soir, nous quittons donc la proximité de la ville pour Puerto Consuelo, une superbe baie bien fermée, située en face d’une estancia célèbre de la région, l’Estancia Eberhardt. Ce sera notre abri pour quelques jours, car nous avons prévu d’y laisser Fleur de Sel seule, chose impossible à Puerto Natales, tant le mouillage est exposé. A Puerto Consuelo, nous retrouvons Marie-Christine et Jean-Luc de Magalyanne et le lendemain nous voici tous les quatre à arpenter les pâturages de l’estancia pour aller visiter la Cueva del Milodón. Il s’agit d’une grotte gigantesque découverte par le pionnier allemand Hermann Eberhardt, le premier à s’être installé dans la région, bien avant la fondation de Puerto Natales. Il y a trouvé les restes d’un animal si bien conservé qu’une battue fut organisée pour trouver ses congénaires. La datation au carbone 14 a ensuite établi que le Mylodon, puisque c’est le nom de ce paresseux gigantesque, s’est éteint voici 12’000 ans.

Non, ce ne sont pas les Torres del Paine, mais bien les Cuernos del Paine, encore plus iconiques

Non, ce ne sont pas les Torres del Paine, mais bien les Cuernos del Paine, encore plus iconiques

Nous devons repousser nos visites touristiques pour régler le problème de guindeau, ce qui nous vaut un démontage de cette pièce vitale. Il s’agit du treuil (électrique dans notre cas, mais il peut aussi fonctionner manuellement) qui permet de remonter la chaîne et l’ancre. Passés quelques mètres de profondeur, ou par grand vent, il est essentiel, car la chaîne pèse vite lourd ! Heureusement, l’atelier Ovalle peut réparer la pièce défectueuse et d’ici deux jours ce sera prêt. Nous pouvons maintenant nous tourner vers ce qui nous a attiré à Puerto Natales en premier lieu : la proximité du Parque Nacional Torres del Paine. Cette réserve de la biosphère inscrite à l’Unesco est célèbre et souvent considérée comme l’un des plus beaux sites de l’Amérique du Sud. Nous choisissons de la visiter en un jour seulement, tandis que de nombreux randonneurs y font du trekking pendant 4 à 8 jours. Nous ne faisons que survoler le parc en minibus, ce qui nous vaut néanmoins de très belles vues. Nous apercevons quantité de guanacos, quelques ñandus (les autruches andines), et même trois huemuls (des cerfs patagons). Les Torres elle-même ne se montreront que très peu, drapées de nuages aux moments où nous pouvions les voir. Mais les Cuernos del Paine, ces montagnes noires et blanches dont les prises de vue sont si célèbres, ne cesseront de nous émerveiller. Finalement, nous constatons que le parc aurait mieux fait de s’appeler Paine que Torres del Paine, car c’est le nom du massif entier, tandis que les tours elle-même ne sont que quelques sommets situés sur l’envers du décor, loin des lacs aux couleurs azures, turquoises et vertes qui rendent le spectacle encore plus grandiose.

Mais l’envers du décor, c’est sans doute plus encore toute l’organisation – inévitable et indispensable – pour canaliser les flux de touristes toujours plus importants. Pour approcher quelques glaciers il faut s’entasser dans des bateaux au tarif exhorbitant, et nous mesurons alors d’autant plus la chance que nous avions de pouvoir en approcher cinq dans la même journée, loin de tout et de tout le monde, lors de notre visite de l’Estéro de las Montañas. C’est donc sciemment que nous avons choisi de ne passer qu’en coup de vent, pour admirer ce massif, mais en sachant que les randonnées en pleine nature, nous les faisons par ailleurs. Sans doute la Nature appréciera-t-elle d’ailleurs que nous ne venions pas grossir les rangs des trekkeurs.

Un géant de glace, qui nous fait sentir encore plus petit que l'on n'est : c'est la sensation que nous inspire le puissant Perito Moreno

Un géant de glace, qui nous fait sentir encore plus petit que l'on n'est : c'est la sensation que nous inspire le puissant Perito Moreno

Rebelote le lendemain avec le Perito Moreno, le quatrième glacier le plus important d’Amérique du Sud, qui se trouve en Argentine. Les agences de voyage de Puerto Natales en proposent la visite en une journée, et nous en profitons donc, d’autant que cela nous permettra de renouveler notre visa touristique au Chili. Après plus de 5 heures de minibus, nous contemplons enfin ce géant de glace. Le spectacle est fascinant. Nous n’avons jamais rien vu de tel. Le Perito Moreno est littéralement immense et l’on voit dans son entièreté les 30km de long de la langue glaciaire. Mais surtout le front du glacier est large de plusieures kilomètres, en deux façades séparées par la rive opposée du lac, sur laquelle le glacier vient buter. Résultat spectaculaire : l’eau monte alors d’un côté et la pression fait ensuite exploser le barrage de glace au bout de plusieurs années ! Lors d’une visite en bateau au pied du glacier, puis à pied sur les terrasses installées à terre, nous assistons au détachement de blocs de glace qui viennent s’effondrer dans le lac dans un fracas qui lève quelques vagues.

Le massif du Paine comme arrière-plan à l'entrée de l'Estéro Eberhardt, un bon condensé de la semaine que nous avons passé en Ultima Esperanza

Le massif du Paine comme arrière-plan à l'entrée de l'Estéro Eberhardt, un bon condensé de la semaine que nous avons passé en Ultima Esperanza

C’est donc fourbus après deux journées de voyage que nous retournons à Puerto Consuelo, le coeur toujours noué, car il a soufflé fort pendant notre absence. Fleur de Sel devrait bien aller si les 60m de chaîne avec deux ancres empennelées ont bien tenu. C’est toujours difficile de la laisser seule, et nous espérons que tout va bien, quand finalement nous apercevons son feu de mouillage dans la nuit noire. Ouf ! Cependant, nous avons la suprise de voir que Magalyanne est partie pendant notre absence, avant que Jean-Luc ne surgisse nous expliquer qu’elle se trouve de l’autre côté de la baie, son ancre ayant chassé. Nous tentons donc de sécuriser la situation avec nos amarres flottantes, et nous passerons la matinée du lendemain à essayer de la dégager. Finalement, il faudra l’intervention d’un bateau plus puissant pour arracher Magalyanne a la vase et aux galets de la baie. Plus de peur que de mal, il n’y a pas de dommages, ouf ! Mais nous ne repartirons pas aujourd’hui, car nous sommes tous exténués. De plus, il nous reste encore à effectuer le remontage du guindeau, les derniers approvisionnements et les formalités. Ce n’est donc que le lendemain que nous levons l’ancre. En route pour l’Angostura Kirke, le vent nous cueille déjà à une vingtaine de noeuds d’ouest, mais il fait beau et le spectacle des Andes enneigées est toujours fabuleux.

C'est la fête dans le Seno Unión, et nous devons nous battre toute la journée, en compagnie de Magalyanne, pour frayer notre chemin dans le clapot musclé

C'est la fête dans le Seno Unión, et nous devons nous battre toute la journée, en compagnie de Magalyanne, pour frayer notre chemin dans le clapot musclé

Départ à l’aube du lendemain pour tenter d’avancer un maximum. Avant 10 heures nous avons déjà fait les 12 milles qui nous séparent encore du Seno Unión et la fête peut alors commencer. Notre traversée retour des Andes est presque terminée, puisque nous laissons derrière nous le fabuleux Estéro de las Montañas, nos cols de haute montagne sous la mer et les glaciers très touristiques et moins touristiques. Cependant Neptune et le dieu de la montagne ont du se réveiller et réaliser qu’ils avaient oublié de nous faire payer le droit de passage. C’est dans le Seno Unión que nous allons payer l’addition. Ce canal a une forme d’entonnoir, ce qui vaut pour les vent et pour les vagues. A peine prenons-nous le virage que nous voici déjà en train d’attaquer sérieusement. Fleur de Sel porte 2 ris dans la grand-voile et sa trinquette, une petite tenue habituelle pour les navigations patagonnes, et pendant toute la journée nous dancerons dans 20 noeuds, 30 noeuds, 25 noeuds, 35 noeuds de vent, bientôt rejoints par Magalyanne qui croise non loin de nous, appareil photo à la main, et surtout sous voiles seules, alors que nous appuyons en plus avec le moteur à 1’900 tours. Nous pensons avoir le temps d’atteindre la Caleta Dixon avant l’arrivée du front froid suivant. Mais le renforcement du vent arrivera finalement une heure avant que nous ne puissions l’atteindre, et nous voici maintenant à étaler des rafales à 40 noeuds. Dans un virement de bord, la jonction entre le têtière de grand-voile et son coulisseau lâche. Privés de cette voile essentielle pour remonter au vent, nous faisons alors route vers la Caleta Victoria que nous connaissons déjà. Heureusement la sangle qui a lâché sera recousue le lendemain sans souci majeur, et notre traversée des Andes se termine bien.

Ecrit à la Caleta Victoria (52°00’S 73°43’W)

3 commentaires

  1. mettefeu écrit :

    salut c’est beau!… auriez vous une carte de l’itinéraire?… merci
    jean claude qui rêve de naviguer!…

    14 mai 2011, 4 h 49 min
  2. Nicolas

    Nicolas écrit :

    La carte de notre parcours se trouve sur la page parcours : http://journal.belle-isle.eu/parcours/ . Il y a trois rubriques, la première indique notre position actuelle et le parcours récent, la deuxième montre notre itinéraire passé en plusieurs cartes, pour un peu plus de clarté. Enfin, le troisième volet évoque ce que nous nous proposons de faire par la suite. Bonne lecture !

    30 août 2011, 22 h 50 min
  3. Philippe Lagarrigue écrit :

    Re-bonjour, c’est encore moi ! Entre temps, j’ai trouvé les cartes de votre parcours, merci. J’ai une autre question, une fois arrivé à Puerto Natales, pouvez-vous me dire quelle quantité de fioul vous avez consommée depuis votre dernier plein à Puerto Williams ? Car vous avez utilisé pas mal le moteur et aussi chauffé.
    Bon vent
    Philippe

    29 décembre 2016, 15 h 24 min

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