Mois de mars 2011

Puerto Edén est une micro-bourgade atypique, construite face au continent, sur l’Isla Wellington. C’est la plus grande de l’archipel patagonien, qui s’étend du Détroit de Magellan au Golfo de Penas, et elle n’abrite que les 200 habitants de Puerto Edén. On découvre tout d’abord l’Armada, située non pas au village mais de l’autre côté de la baie, dans des locaux provisoires. Les locaux habituels sont en reconstruction après un incendie, chose qui ne nous surprendra pas, car tout est en bois et en tôle ondulée, et on se chauffe au bois. Après y être passés pour vérification de nos papiers, nous avons donc traversé la baie pour rejoindre le village, qui s’étire tout en longueur, au fil d’un chemin de planches en bois longeant la petite anse du port. Il faut tout de même un peu de temps pour visiter l’endroit, chose que nous avons faite au cours des deux jours que nous y avons passés. En débarquant sur le quai principal, on fait connaissance avec les très aimables Carabineros, les gendarmes du coin, qui nous renseignent sur tout. On rend visite à Julia, qui peut nous préparer du pain et faire notre lessive, et on repère l’Almacén, situé de l’autre côté de la colline, et où les produits frais seront vendus lorsque le ferry arrivera de Puerto Montt. On fait aussi connaissance avec José Navaro qui stocke le carburant et dont nous prendrons deux bidons. On croise aussi quelques indiens, les derniers des Alacalufs qui vivent maintenant ici. La plupart tuent le temps en errant sur le chemin emprunts d’une odeur alcoolisée, mais une indienne nous propose de lui acheter quelques objets d’artisanat.

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Lorsqu'il se montre, le Campo de Hielo Sur sait faire bonne impression !
On prendrait presque nos petites habitudes, même sous ces latitudes. De retour sur le versant ouest des Andes, nous avons retrouvé nos petites caletas étroites, boisées, protégées. Presque intimes. Nous avons aussi retrouvé la pluie et le vent, accolytes inévitables des dépressions incessantes qui balaient le Pacifique Sud pour venir buter sur la cordillère. Nous étions prévenus, le principe était déjà évident, mais nous avons maintenant acquis de l’expérience à propos du fonctionnement météo de cette région. Pour faire simple, le vent vient du nord et il pleut. Lorsque les cartes météo indiquent du vent de NW, dans les canaux cela soufflera du nord et il pleuvra presque sans discontinuer sous un ciel plombé. Lorsque les prévisions sont de SW, cela soufflera aussi du nord, et il y aura des averses parfois assez violentes entrecoupées de quelques très courtes éclaircies. Et quand un front passe, c’est-à-dire toutes les 36 heures en moyenne, il va venter et pleuvoir, plus encore que d’habitude, et on a intérêt à être bien à l’abri.C’est plutôt simple, non ? De toutes les manières, les autres situations sont rarissimes, tant le flux d’ouest est puissant. Et rétrospectivement, on en apprécie d’autant plus les quelques jours de beau temps qui nous ont permis de sortir du Détroit de Magellan. Car le ballet des perturbations a repris de plus belle, et au moment où la têtière de grand’voile nous a lâchés à la sortie du Seno Unión, un beau monstre est en approche…

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Dans l'Estéro de las Montañas, nous verrons une quantité phénoménale d'oiseaux évoluer dans des décors mi-marins mi-montagnards. Superbe !
Bernardo O’Higgins et José de San Martin, les deux héros de l’indépendance chilienne et argentine, l’ont fait en leur temps. Pour avoir franchi les Andes un peu comme un Hannibal ou un Napoléon sud-américain, ils sont encore vénérés aujourd’hui des deux côtés de la cordillère. Un peu plus au sud, et surtout de manière bien moins épique, Fleur de Sel a aussi connu son moment de vertige andin, elle qui par la suite sera cantonnée à une navigation au pied du plus long relief du monde. Car le beau temps dont nous avions profité en longeant le détroit de Magellan rendait bien évident le fait que sur notre tribord, les montagnes étaient là, toujours en encore. En approchant de l’embouchure du Canal Smyth, une énorme calotte glaciaire scintille d’ailleurs dans le soleil déclinant.

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Entre réparation de guindeau, réapprovisionnement et visites dans les terres, quelques instants volés ici ou là nous ont permis de trouver une connexion internet pour mettre en ligne quelques photos. Des clichés du Beagle essentiellement, mais aussi plusieurs panoramas en format QuickTime VR. Installez QuickTime si vous ne l’avez pas encore, et déplacez-vous ensuite dans les vues à 360° avec les flèches ou la souris. Shift pour zoomer, et Ctrl pour dézoomer.

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