Mois de octobre 2010

Ils sont assez rigolos nos nouveaux voisins du Museu Oceanografico...
Le chenal qui mène à Rio Grande fait une longueur phénoménale. C’est le seul port de toute la longue côte (sablonneuse) de l’état de Rio Grande do Sul, mais également l’un des plus grands du pays. Le chenal nous fait donc passer devant les terminaux de containers, céréalier, des engrais, pétrolier, et pétrochimique avant de longer ensuite le port de pêche, pour enfin, tout au bout, atteindre le yacht-club, avant que la profondeur ne s’amenuise tant qu’il ne reste plus rien pour naviguer. C’est que le chenal en question joint aussi la Lagoa dos Patos à la mer. C’est la plus grande lagune d’Amérique du Sud, et elle fait quatre fois la superficie du Lac Léman ! Le marnage a beau être très faible, vu la surface du bassin, les courants sont très prononcés. Nous nous présentons donc au milieu de la marée montante en face des deux longues jetées qui s’étendent quelques kilomètres en mer pour constater avec surprise que le courant sort ! Nous revérifions l’horaire des marées, il est 10h30, la mer devrait être haute à 13h. Mais l’heure ici, ce n’est pas l’heure : apparemment, le courant est plutôt dicté par le vent que par la Lune.

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Vous en connaissez des mouillages abrités où il y a assez de vagues pour surfer ? Cherchez l'erreur...
Le 3 octobre, le vent du sud s’est enfin essoufflé, après un passage de front quelque peu venteux. Nous avons attendu encore un peu dans le mouillage reculé, mais très bien abrité, d’Ilha Cotia, et c’est à l’aube du 4 octobre que nous avons levé l’ancre. Au programme : la traversée en accordéon de la poche entre Rio et Florianopolis. C’est une grande baie de plus de 400 milles de long, mais qui n’a pas vraiment de nom. Tandis que ses deux extrémités, le Cabo Frio au nord-est et le Cabo Santa Marta au sud-ouest sont connues pour leur temps capricieux (mais quel grand cap ne l’est pas ?), le golfe lui-même est plutôt connu pour ses vents mous. Nous constatons d’ailleurs depuis plusieurs semaines qu’en cette saison c’est un lieu de prédilection pour la formation des dépressions qui vont ensuite balayer l’Atlantique Sud. Elles sont encore jeunes donc peu féroces, mais il va néanmoins nous falloir jouer à saute-mouton, ce qui explique l’accordéon.

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Les maisons de Paraty, blanches aux tours de portes colorés, font de la ville un petit joyau
Alors que nous attendions du vent, c’est par une belle pétole que nous avons rallié la Costa Verde, et c’est grâce au moteur que nous avons pu mouiller avant qu’il ne fasse noir. Ilha Grande, Angra dos Reis, Paraty, chacun y va de sa préférence pour désigner la baie dans laquelle nous nous sommes rendus, à 70 milles à l’ouest de Rio. Mais nous avons noté que les brésiliens parlent aussi de cette immense zone en la regroupant sous le vocable Costa Verde, ce qui semble très approprié. En effet, pas de doute possible, le vert est ici roi. Imaginez un dédale d’îles elles-mêmes entourées d’îlots, et de baies au fond desquelles se trouvent encore ici ou là de multiples criques (les sacos, alias culs-de-sac), le tout coiffé par la Mata Atlântica. C’est ainsi que s’appelle la forêt tropicale qui couvrait jadis tout le littoral, et qui est aujourd’hui réduite à 11% à peine de sa superficie de 1500, lorsque les Portugais ont découvert le Brésil… Mais sur la Costa Verde, dans la partie occidentale de l’état de Rio de Janeiro, on peut encore bien s’imaginer la vision qu’ont du avoir les premiers explorateurs. Des collines et des montagnes, tapissées d’arbres, d’arbustes, de buissons, d’herbes, qui ont en commun leur couleur émeraude, qui semble même déteindre sur l’eau, comme si la peinture de l’artiste avait coulé vers le bas du tableau.

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