Difficile d’imaginer notre vie à bord ? Pas facile effectivement pour un terrien, tant les rythmes et les préoccupations sont différents. Alors histoire d’en savoir plus, voici maintenant un petit dossier sur la vie à bord. Et quoi de mieux pour commencer que le plus important de tout ? J’ai nommé au choix l’alimentation, la restauration, la gastronomie, la cuisine. La bouffe quoi ! Bien qu’il participe lui aussi aux joies du voyage, on laissera provisoirement de côté l’aspect avitaillement, c’est-à-dire de faire les courses et de stocker à bord tous les ingrédients qu’il faut pour tenir de longues semaines en autonomie, pour en parler une autre fois.

En croisière estivale, l’alimentation peut se résumer à des tartines de Pâté Hénaff à midi et à une crêperie le soir, mais pas question de bâcler l’alimentation à bord lorsque c’est notre vie de tous les jours. Pendant une traversée d’une semaine ou deux, il est impératif de continuer à se nourrir correctement sous peine de finir par faire n’importe quoi. A l’escale, nous nous rassasions évidemment de quelques spécialités locales, mais avec parcimonie. Car les soirées au restaurant auraient vite raison de la caisse du bord… Alors on fait la cuisine, beaucoup plus encore qu’à terre, et c’est avec une motivation toute particulière et assidue qu’on se demande « Qu’est-ce-qu’on mange aujourd’hui ? »

Le réchaud-four à bord de Fleur de Sel, avec la cocotte-minute et la bouilloire. Voici le cœur névralgique du coin cuisine !

Le réchaud-four à bord de Fleur de Sel, avec la cocotte-minute et la bouilloire. Voici le cœur névralgique du coin cuisine !

Pour commencer, plantons le décor. Le coin cuisine est situé à bord de Fleur de Sel sur tribord, à l’arrière du carré et en avant de la chambre. Il fait grossièrement 2m50 de long sur 1m50 de large, avec le réfrigérateur et plan de travail à gauche, le réchaud-four en face et l’évier à droite pour vous qui endossez provisoirement le tablier du cuistot. Petite note à propos du réchaud-four : il fonctionne au gaz, et est monté sur cardan, c’est-à-dire qu’il peut pivoter pour rester horizontal lorsque le bateau gite ou roule, et enfin il est muni de serre-casseroles pour éviter que celle-ci ne viennent vous déverser leur contenu bouillant sur les jambes au choc dans une vague. Donc, pour en revenir à votre mission du jour, vous ne disposez évidemment que d’une batterie limitée d’ustensiles, ceux que l’on utilise le plus souvent, et qui ne prennent pas trop de place. Pas de robot ménager, cela va de soi, encore que nous ayons à bord un petit batteur électrique. Evidemment, celui qui la nettoiera (à la main, bien-sûr), vous remerciera de ne pas trop salir de vaisselle. Et puis pour votre premier jour, on va être gentils, on ne vous imposera pas de cuisiner à la gite, alors que le bateau tape dans chaque vague.

Naturellement, dans ces conditions, vous auriez choisi quelque chose de rapide à cuisiner, et de pas trop lourd pour les estomacs déjà bien sollicités par la houle. Le simple bouillon aux nouillettes ou les pommes de terre à la vapeur nous sont particulièrement recommandés par Heidi dans ces cas-là. Si au contraire le vent du large vous creuse l’appétit, un plat rapide à préparer sera idéal. L’éternel plat de spaghetti au beurre, le couscous végétarien, ou les röstis en sachet sous vide accompagnés d’un œuf vous caleront bien. Au mouillage en revanche, on pourra se permettre plus de fantaisies gastronomiques, parfois même les plus incongrues à bord d’un bateau, la brandade de morue, l’empanada galicienne, ou les tacos mexicains, par exemple. On en profite d’ailleurs pour cuisiner à l’avance quelques plats avant de se lancer dans une traversée de plusieurs jours, afin de pouvoir se sustenter sans devoir passer des heures aux fourneaux.

Par ailleurs, si le soleil tape au point de transformer le carré en étuve, on évite de devoir allumer le four pendant une heure, sauf pour faire du pain, éventuellement. De toute manière, un plat froid sera certainement plus appréciable, comme les sushi si on a eu la chance d’attraper du poisson, ou une salade s’il nous reste assez de produits frais. Au contraire, si la journée prévoit d’être longue, froide et/ou humide, et a fortiori les trois ensemble, on souhaitera un petit déjeuner bien consistant, le porridge est alors de rigueur à bord de Fleur de Sel. Afin de ne pas consommer trop de gaz, on fait un usage régulier de la cocotte-minute, qui nous permet de mijoter de bons petits plats en un temps réduit, tels que le bœuf bourguignon. Au contraire, lorsqu’on a la chance d’avoir du courant 220V à quai, nous utilisons les plaques de cuisson électriques que nous avons embarquées, ce qui nous permet un usage plus libéral de la poêle, pour faire des pommes de terre sautées ou des crêpes notamment !

Et enfin, lorsque la gestion des stocks vous rattrape, par exemple lorsque le régime de bananes est en train de mûrir à vitesse grand V, vous pourrez vous rabattre sur la banane écrasée, le pain à la banane, la banane au chocolat, les pancakes à la banane, la tarte à la banane (et aux ananas) ou encore les bananes poêlées (voire flambées). Non, le banana split n’est pas éligible, qui dit pas de congélateur à bord dit pas de glace. Snif !

Tout un programme, donc, et la question demeure donc posée : « Qu’est-ce-qu’on mange aujourd’hui ? » Nous vous proposons d’y répondre dans un deuxième volet à venir.

La suite dans le deuxième volet « Fleur de Sel fait recette »

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